10 ans après son interdiciton, des milliers de femmes souffrent toujours des effets secondaires de l'Isoméride.

ACTUALITÉS

Mediator : une mise en cause reconnue du Mediator

Sud Ouest, samedi 16 juillet 2011, par Hélène Rouquette-Valeins

Une patiente du Rhône voit son cas de valvulopathie imputable au médicament des laboratoires Servier


« Nous en avons parlé lors de la dernière réunion avec Xavier Bertrand. » Le docteur Dominique Courtois, président de l'Avim (1), qui bataille depuis le début pour soutenir les victimes de l'Isoméride et du Mediator, reconnaît que le rapport d'expertise dû à quatre médecins - le professeur Jean-Marc Rouzioux (toxicologue), Jean-François Obadia (chirurgien cardiaque), Paul Touboul (cardiologue) et Bruno Mazenod (endocrinologue) - fera effectivement date.


Cette première expertise, rendue par une Commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CRCI), établit clairement qu'une valvulopathie est liée à la prise du Mediator. Elle concerne une patiente prédiabétique de 64 ans qui habite la région lyonnaise et a saisi en février 2010 la CRCI du Rhône. Elle estime en effet avoir pris de septembre 2006 à janvier 2010 un comprimé, puis deux, puis trois de Mediator par jour, sur prescription de son endocrinologue. Et avoir fait constater la présence d'un souffle au cœur, puis, après une échographie, une fuite de la valve aortique.


Son cas ressemble à celui de 90 % des patients qui ont consommé du Mediator. En septembre prochain, cette patiente demandera en référé aux laboratoires Servier 20 000 euros au titre du préjudice corporel et 100 000 pour préjudice d'anxiété.


« Le préjudice corporel, estime le docteur Courtois, se situe dans la moyenne des sommes demandées. En revanche, pour le préjudice d'anxiété, tout dépendra de la façon dont évolue l'atteinte aux vulves cardiaques. Dans une affaire comme celle de l'amiante, ce préjudice est estimé à 7 000 euros. »


« Reste, explique Dominique Courtois, qu'une étude va être lancée par l'Inserm sur 1 000 patients atteints entre 2006 et 2009 pour connaître l'évolution de leur maladie. En effet, ce que l'on sait actuellement, c'est que sur 120 malades, la moitié guérit, l'état de 25 % d'entre eux reste stationnaire, et celui des autres 25 % s'aggrave. »


La rentrée comme échéance


Il faudra de toute façon attendre la rentrée pour connaître la composition du fonds d'indemnisation et le nombre de victimes qui auront fait des demandes. Celles-ci déposeront des dossiers auprès de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (Oniam). Examinés par un collège d'experts, les dossiers devront faire l'objet d'ici trois mois d'une offre d'indemnisation de la part du laboratoire. Lequel pourrait se voir infliger une pénalité de 30% si l'offre est jugée insuffisante.


Le docteur Courtois présente de son côté 3 200 dossiers. Le 11 janvier dernier, il avait déposé 110 plaintes au pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Paris, puis, quelques jours après, en avait rajouté 500 autres pour homicides et blessures involontaires et pour tromperie aggravée. « Le principe fondamental, précise le président de l'Avim, est d'obtenir une indemnisation rapide en évitant la phase de l'expertise médicale. »


(1) Association des victimes de l'Isoméride et du Mediator.


Tags: mediator, préjudices financiers, avim, Docteur Dominique Courtois, médicament, laboratoires servier, valvulopathie, hypertension artérielle pulmonaire


Source : Sud Ouest





Mediator : Servier ne veut pas assumer seul

BFM TV, lundi 28 mars 2011, par Rachid M'Barki et Florian Rivais


Ce lundi matin, les associations de victimes du Mediator se sont rendues au ministère de la Santé pour faire le point sur le fonds d'indemnisation souhaité par Xavier Bertrand. Mais les propos des responsables des laboratoires Servier ont jeté un certain désarroi.


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Source : BFM TV





Mediator: les victimes et Servier « pas sur la même planète »

20minutes.fr, lundi 28 mars 2011, par Vincent Vantighem

SANTE - Le laboratoire a expliqué dimanche qu'il n'assumerait pas seul les préjudices financiers ...


En un peu plus d'un mois, le discours de Servier a changé. Alors qu'il se déclarait prêt à « assumer [ses] responsabilités à l'égard des patients » le 10 février dernier, le laboratoire a fait savoir, dimanche, qu'il refuserait « d'assumer seul tous les préjudices financiers » liés au scandale du Mediator.


Réunion au ministère

Le premier émoi des victimes passé, l'affaire Mediator a pris, aujourd'hui, un virage essentiellement financier. Et les négociations autour du fonds d'indemnisation sont âpres. Dimanche, dans Le Journal du Dimanche, Xavier Bertrand expliquait qu'il trouvait le projet actuel d'indemnisation de Servier « inacceptable ». Le ministre de la Santé doit justement recevoir, lundi matin à 11h, les associations de victimes. Il leur rappellera sûrement qu'il attend une « offre définitive » de la part de Servier d'ici à la fin de la semaine. Mais ce n'est pas gagné. « On n'est pas sur la même planète que Servier, lâche, fataliste, Dominique Courtois, président de l'Association des victimes de l'Isoméride et du Mediator. Nous voulons que les premières indemnisations tombent au début 2012. Servier, lui, a tout intérêt à ce que les choses traînent. Je crains que l'on n'arrive pas à obtenir une prise en charge satisfaisante. »


Selon nos informations, Servier a bien provisionné 280 millions d'euros en 2008 et 2009 en prévision des indemnisations à venir. Mais il ne semble pas prêt à lâcher du lest pour autant.


« Il faudra être patient »

Jusqu'ici, les négociations ont achoppé sur deux points, jugés essentiels par les associations. Le laboratoire est ainsi d'accord pour indemniser le préjudice physique des malades, mais pas les conséquences morales ou professionnelles de la prise du médicament. Surtout, Servier souhaite imposer un délai de six mois pour déposer les demandes d'indemnisation à partir du moment où le fonds serait créé. « Trop court », selon Xavier Bertrand. « J'ai croisé le fer avec Servier pendant dix ans, rappelle Dominique Courtois. Je pense qu'il nous faudra être patient. »


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Source : lexpress.fr





Mediator : la fin de non-recevoir de Servier à Bertrand

Le Figaro, lundi 28 mars 2011, par Anne Jouan et Marie-Amélie Lombard

INFO LE FIGARO - Le ministre de la Santé a promis lundi aux victimes une proposition rapide d'indemnisation.


Qui va payer ? C'est tout l'enjeu des négociations et du bras de fer actuel entre Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, les laboratoires Servier et les associations de victimes.


Or, selon nos informations, Servier est bien décidé à ne pas se laisser dicter sa conduite. Mis en demeure de revoir ses propositions par Xavier Bertrand ce week-end, le laboratoire Servier ne veut pas du « diktat » du ministre qui cherche à imposer une indemnisation intégrale des victimes, via un fonds spécial Mediator. « Il existe déjà un dispositif, celui de la loi Kouchner et de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, observait lundi Lucy Vincent, directrice générale des affaires extérieures de Servier. Pourquoi sortir de ce cadre légal ? »


Malgré ces tractations tendues, il faudra mettre fin au dialogue de sourds : lundi prochain, l'État a promis de présenter aux victimes une proposition définitive d'indemnisation.


Lundi matin, les associations de victimes étaient reçues au ministère. Claire Favre, la magistrate missionnée pour définir le cadre des indemnisations, a présenté les propositions de Servier. Le ministre de la Santé, qui s'était invité à la réunion, convoqué en urgence, a une nouvelle fois jugé l'offre du laboratoire insuffisante. Pour le moment, deux fonds coexistent. D'une part, celui prévu par la loi Kouchner de 2002. D'autre part, celui proposé par Servier couvrant, lui, les préjudices plus faibles. L'État peut ensuite se retourner contre le laboratoire pour lui demander de rembourser les sommes dépensées dans le cadre du fonds Kouchner.


Claire Favre doit rencontrer Servier dans la semaine pour obtenir du groupe pharmaceutique qu'il revoie sa copie. Mais visiblement ses interlocuteurs n'y sont pas prêts.


Deux logiques s'affrontent. D'un côté le ministre qui avait, dès sa prise de fonction, appelé de ses vœux une indemnisation juste et rapide des victimes. Avantages : l'État ne mettrait pas la main au portefeuille et le ministre pourrait se prévaloir d'avoir fait « plier » Servier. Sans compter qu'une corbeille bien garnie permettrait de faire oublier les responsabilités de l'État dans l'affaire du Mediator en ne prenant pas suffisamment en compte les déclarations d'effets indésirables graves qui auraient dû signer la fin du médicament dès 1999. De l'autre, le groupe pharmaceutique qui n'entend pas porter seul la responsabilité financière de ce drame sanitaire. Et qui réfute toujours l'importance du rôle de son médicament dans les pathologies associées.


Xavier Bertrand veut éviter à tout prix que le contribuable paye « à la place du laboratoire ». D'autant que Matignon a bien précisé qu'il était hors de question de débloquer de l'argent public pour les indemnisations. Christian Saout, président du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss), estime pourtant que « la partie de bras de fer va se terminer par un fonds public ». Il craint que « Servier ne paie jamais le moindre centime ».


De leur côté, les malades commencent à trouver le temps long. Ainsi l'avocat de l'Avim (Association des victimes de l'Isoméride et du Mediator), Jean-Christophe Coubris craint que l'objectif principal, celui d'une indemnisation rapide, soit perdu de vue. « Ce n'est pas aux malades de se soucier de qui va payer ! » ajoute Dominique-Michel Courtois, le président de l'Avim.


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Source : Le Figaro





Mediator : pas question de payer pour tout, réplique Servier

TF1 News, dimanche 27 mars 2011


« De toute évidence dans cette affaire la responsabilité est partagée entre l'Etat et le groupe pharmaceutique, donc il n'y pas de raison que Servier soit le seul à assumer tous les préjudices financiers. »
La réponse du laboratoire Servier n'a pas tardé, après l'interview au JDD du ministre de la Santé, Xavier Bertrand. Ce dernier y rejette la dernière offre présentée par Servier dans l'affaire du Médiator et lui donne une semaine pour revoir sa copie. Tout en notant des avancées, il estime que ce projet est « inacceptable en l'état », car ne prévoyant « toujours pas de réparation intégrale du préjudice ».


Mais, a répondu dès dimanche un porte parole du groupe pharmaceutique, Servier n'assumera pas tous les préjudices financiers. « Nous sommes un peu surpris du ton de la réaction du ministre de la Santé », a-t-elle ajouté, faisant valoir le « bon climat » qui prévaut avec Claire Favre, mandatée par le gouvernement pour trouver un terrain d'entente entre les victimes et les laboratoires. Claire Favre doit présenter lundi au cours d'une réunion du Comité de suivi un « nouveau dispositif aux associations de victimes qui seront seules juges », selon Xavier Bertrand, qui n'a pas fourni de détails sur ce dispositif.


Servier a proposé la mise en place d'un fonds d'indemnisation des victimes du Mediator exclues des procédures légales existantes, qui ne remettrait pas en cause leur droit à poursuivre le groupe au pénal. Mais Xavier Bertrand a vivement critiqué le délai « trop court » de six mois à partir de la création du fonds que les laboratoires Servier veulent imposer pour la recevabilité des dossiers. Le président de l'association d'aide aux Victimes du Mediator et de l'Isoméride (AVIM) s'est dit dimanche soir « sur la même longueur d'onde » que le ministre de la Santé.


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Source : TF1 News





Mediator : Servier refuse de « tout » assumer

BFM TV, dimanche 27 mars 2011, par Thomas Lelong


La tension monte d'un cran entre le gouvernement et le laboratoire Servier, qui refuse d'assumer tous les préjudices financiers dans l'affaire du Mediator.

Le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, lui demande d'indemniser intégralement les victimes.


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Source : BFM TV





Mediator : le ton monte entre Servier et le gouvernement

L'Express, dimanche 27 mars 2011

PARIS - Le ton est monté dimanche entre le gouvernement et le laboratoire Servier, qui refuse d'assumer tous les préjudices financiers dans l'affaire du Médiator, alors que le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, lui demande d'indemniser intégralement les victimes.


Dans un interview au Journal du Dimanche (JDD), le ministre de la Santé a rejeté la dernière offre présentée par Servier. Tout en notant des avancées, il a estimé que ce projet était « inacceptable en l'état », car ne prévoyant « toujours pas de réparation intégrale du préjudice ».


« Or, a-t-il ajouté, ce n'est qu'à cette condition qu'ils pourraient demander aux victimes de renoncer à des poursuites devant les tribunaux comme ils en ont l'intention ».


Le ministre a sommé les laboratoires Servier de « présenter une offre définitive d'ici la fin de la semaine » pour « éviter une situation de blocage incompréhensible ».


Si cette nouvelle proposition n'était « toujours pas convenable, il sera alors temps d'envisager d'autres scénarios », a ajouté Xavier Bertrand, sans autres précisions.


Mais le laboratoire Servier lui a opposé une fin de non-recevoir en affirmant qu'il n'assumerait pas seul tous les préjudices financiers.


« De toute évidence dans cette affaire la responsabilité est partagée entre l'Etat et le groupe pharmaceutique, donc il n'y a pas de raison que Servier soit le seul à assumer tous les préjudices financiers », a déclaré une porte-parole du groupe pharmaceutique dimanche.


« Nous sommes un peu surpris du ton de la réaction du ministre de la Santé », a-t-elle ajouté, faisant valoir le « bon climat » qui prévaut avec Claire Favre, mandatée par le gouvernement pour trouver un terrain d'entente entre les victimes et les laboratoires.


Le président de l'Association d'aide aux victimes du Mediator et de l'Isoméride (AVIM) a accueilli sans surprise la réaction du laboratoire Servier, se disant « sur la même longueur d'onde » que Xavier Bertrand.


« Il n'y a que cette position qui puisse être acceptable pour les victimes », a déclaré à l'AFP le Dr Dominique-Michel Courtois, qui attend « de la fermeté de M. Bertrand ».


Pour l'AVIM, il n'est « pas question que ce soit la solidarité nationale, c'est-à-dire tous les Français, qui paient pour ce fonds, mais le laboratoire Servier, et seulement lui », a poursuivi M. Courtois.


« Servier a d'abord reconnu, ce qui est une bonne chose, qu'il y avait des victimes du Mediator, puis il s'aperçoit de l'ampleur du +désastre financier+ et maintenant je crains qu'il ne veuille indemniser qu'une partie des victimes à son taux personnel, en disant, +les autres, si elles ne sont pas contentes qu'elles aillent en procédure, et si je suis condamné je paierai+ », a-t-il estimé.


Cette passe d'armes intervient alors que Claire Favre doit présenter lundi un « nouveau dispositif aux associations de victimes qui seront seules juges », selon Xavier Bertrand, qui n'a pas fourni de détails sur ce dispositif.


Le Ciss, collectif d'associations d'usagers de la santé, et l'UFC-Que Choisir avaient souhaité la semaine dernière que cette réunion « se tienne sur la base de propositions concrètes répondant réellement aux attentes des victimes ».


« A défaut, le gouvernement prendrait la grave responsabilité d'un enlisement de l'affaire Mediator », avaient mis en garde ces associations.


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Source : 20minutes.fr





Mediator : l'AVIM (victimes) « sur la même longueur d'onde » que le ministre

LeParisien.fr, dimanche 27 mars 2011

Le président de l'association d'aide aux Victimes du Mediator et de l'Isoméride (AVIM) s'est dit dimanche soir « sur la même longueur d'onde » que le ministre de la Santé Xavier Bertrand, qui demande au laboratoire Servier d'indemniser intégralement les victimes du Mediator.


« Le ministre défend les victimes d'une façon qui me séduit parfaitement », a indiqué à l'AFP le Dr Dominique-Michel Courtois, estimant « qu'il n'y a que cette position qui puisse être acceptable pour les victimes ».

« On attend de la fermeté de M. Bertrand et on est tout à fait sur la même longueur d'onde », a-t-il affirmé.


Pour l'AVIM, il n'est en effet « pas question que ce soit la solidarité nationale, c'est-à-dire tous les Français, qui paient pour ce fonds, mais le laboratoire Servier, et seulement lui », a poursuivi M. Courtois.


L'association exige depuis le début de cette affaire un fonds d'indemnisation auquel toutes les victimes du Mediator puissent avoir accès, « sans distinction de posologie, de la façon dont le médicament a été pris - pour maigrir ou contre le diabète - et quelle que soit la pathologie », a-t-il rappelé.


Selon l'AVIM, ce fonds « devrait se déterminer sur dossiers, avec une étude des échographies cardiaques des patients et dans des délais similaires à ceux des victimes de l'amiante, six mois pour l'étude du dossier et deux mois pour une proposition financière ».

M. Courtois « s'attendait » à ce que le laboratoire Servier ne veuille pas assumer tous les préjudices financiers.


« Il a d'abord reconnu, ce qui est une bonne chose, qu'il y avait des victimes du Mediator, puis il s'aperçoit de l'ampleur du +désastre financier+ et maintenant je crains qu'il ne veuille indemniser qu'une partie des victimes à son taux personnel, en disant, +les autres, si elles ne sont pas contentes qu'elles aillent en procédure, et si je suis condamné je paierai+ ».

« C'est-à-dire », a-t-il résumé, « qu'il veut repousser de plusieurs années l'échance financière qui à mon avis est inéluctable ».


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Source : LeParisien.fr





Mediator : Servier refuse d'assumer tous les préjudices financiers

lemonde.fr, samedi 26 mars 2011, mis à jour lundi 28 mars 2011

Estimant que, dans l'affaire du Mediator, la responsabilité est « partagée » entre l'Etat et le groupe pharmaceutique, le laboratoire Servier a indiqué dimanche 27 mars qu'il n'assumerait pas tous les préjudices financiers, en réponse au minsitre de la santé qui a sommé le laboratoire de revoir sa proposition d'indemnisation. « Nous sommes un peu surpris du ton de la réaction du ministre de la santé », a ajouté la porte-parole du laboratoire, faisant valoir le « bon climat » qui prévaut avec Claire Favre, mandatée par le gouvernement pour trouver un terrain d'entente entre les victimes et les laboratoires.


Dans une interview parue dans le Journal du dimanche, Xavier Bertrand donne en effet une semaine au laboratoire Servier pour revoir sa copie en matière de dédommagement des patients victimes du Mediator.


UNE RÉPARATION DE TOUT LE PRÉJUDICE


« Si les laboratoires Servier ne bougent pas plus (de) leur dernière proposition, nous serons alors dans une situation de blocage incompréhensible », a dit le ministre en soulignant qu'il attendait « une offre définitive d'ici à la fin de cette semaine ». Si celle-ci « n'est toujours pas convenable, il sera alors temps d'envisager d'autres scénarios », a-t-il indiqué sans donner davantage de détails. Le ministre a rejeté la dernière offre présentée par Servier en notant qu'elle ne prévoyait « toujours pas de réparation intégrale du préjudice. »


Et M. Bertrand de rappeller que ce n'est « qu'à cette condition que les laboratoires pourraient demander aux victimes de renoncer à des poursuites devant les tribunaux civils comme ils en ont l'intention. » De même le ministre estime « trop court » le délai de six mois pour la recevabilité des dossiers à partir du moment où le fonds d'indemnisation serait créé. « Je rappelle que le Mediator a été commercialisé en France pendant trente-trois ans », a-t-il souligné.


L'ETAT NE PAIERA PAS


« Une chose est sûre : il n'est pas question de laisser les patients dans l'impasse. Mais il n'est pas non plus question que la solidarité nationale paie à la place des laboratoires Servier », a redit le ministre. Interrogé sur son refus de recevoir le responsable du laboratoire incriminé, Jacques Servier, Xavier Bertrand a dit que si « le laboratoire est enfin prêt à revoir ses positions je l'entendrai ».


Quant aux défaillances de l'administration dans cette affaire de prescription d'un médicament qui aurait fait en 33 ans entre 500 et 2 000 morts, avant d'être retiré du marché français en novembre 2009, le ministre a une nouvelle fois exclu des réparations payées par l'Etat : « J'ai reconnu les graves défaillances de notre police du médicament (...) nous avons déjà procédé à des réorganisations. En revanche, la réparation doit venir du laboratoire qui connaissait parfaitement son médicament. »


UN FONDS POUR TOUTES LES VICTIMES, SANS DISTINCTION


Du côté des vicitmes, le président de l'Association d'aide aux victimes du Mediator et de l'Isoméride (AVIM) s'est dit dimanche soir « sur la même longueur d'onde » que Xavier Bertrand. « Le ministre défend les victimes d'une façon qui me séduit parfaitement », a indiqué le Dr Dominique-Michel Courtois. Pour lui, il n'est en effet « pas question que ce soit la solidarité nationale, c'est-à-dire tous les Français, qui paient pour ce fonds, mais le laboratoire Servier, et seulement lui ».


L'association exige depuis le début de cette affaire un fonds d'indemnisation auquel toutes les victimes du Mediator puissent avoir accès, « sans distinction de posologie, de la façon dont le médicament a été pris - pour maigrir ou contre le diabète - et quelle que soit la pathologie », a-t-il rappelé.


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Source : lemonde.fr





Mediator : Bertrand juge « inacceptable » la proposition de Servier

Nouvelobs.com, samedi 26 mars 2011

PARIS (AP) — Le ministre de la Santé Xavier Bertrand juge « inacceptable en l'état » la dernière proposition d'indemnisation des laboratoires Servier, dont le médicament Mediator aurait fait des centaines de victimes. Dans un entretien au « Journal du dimanche », M. Bertrand dit attendre une offre définitive prochainement et « si elle n'est toujours pas convenable, il sera alors temps d'envisager d'autres scénarios ».


Le ministre se félicite toutefois que Servier ait finalement renoncé à une clause « indigne » en vertu de quoi, « pour être indemnisées, les victimes devaient tout simplement abandonner le droit à des poursuites pénales ». Mais le laboratoire ne prévoit « toujours pas de réparation intégrale du préjudice. Or ce n'est qu'à cette condition qu'ils pourraient demander aux victimes de renoncer à des poursuites devant les tribunaux civils comme ils en ont l'intention », dit-il en jugeant « trop court » le délai de six mois réclamé pour la recevabilité des dossiers à partir du moment où le fonds serait créé.


Au final, Xavier Bertrand se dit « choqué » par l'attitude de Servier, « ce refus, dans un premier temps, d'admettre une quelconque responsabilité, puis cette sordide contestation du nombre de victimes ... Dans cette affaire, il est question de réparation mais aussi d'éthique. Si aujourd'hui, le laboratoire est enfin prêt à revoir ses positions, je l'entendrai », promet-il.


Environ cinq millions de patients ont pris du Mediator entre 1976 et 2009 en France. Ce médicament pourrait avoir provoqué la mort de 500 à 2.000 personnes, selon différentes études. Beaucoup d'autres utilisateurs souffrent d'atteintes cardiaques (valvulopathies). La molécule du Mediator, le benfluorex, est un dérivé de l'amphétamine. Or Servier a présenté ce médicament comme un adjuvant au régime des diabétiques en surpoids. Beaucoup de personnes qui voulaient seulement maigrir l'ont pris pour ses propriétés anorexigènes.


Le parquet de Paris a ouvert en février deux informations judiciaires contre X, l'une pour « homicides et blessures involontaires » et l'autre pour « tromperie aggravée ». Plus de 300 plaintes ont été déposées, notamment pour homicides et blessures involontaires ou encore mise en danger de la vie d'autrui.


L'Assurance-maladie et plusieurs mutuelles ont également saisi la justice. A elle seule, la Fédération nationale de la mutualité française (FNMF) évalue son préjudice financier -pour le remboursement du Mediator- à près de 100 millions d'euros. AP


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Source : Nouvelobs.com





Mediator: modification de la position de Servier pour le fonds d'indemnisation des victimes

AVIM, mercredi 23 mars 2011

Pour le Docteur D.M. COURTOIS, « la demande récente des Laboratoires SERVIER d’un engagement de renonciation des victimes à toute action judiciaire pour pouvoir bénéficier du fonds d’indemnisation est totalement inacceptable, sur le plan moral et éthique ».


Crédit Photo : BFMTV

Il semble que notre condamnation très ferme de l’attitude inacceptable des Laboratoires SERVIER exprimée dans les différents médias et le dépôt de ces centaines de plaintes pénales pour « homicides ou blessures involontaires et tromperie aggravée » ont fait modifier la position intransigeante des Laboratoires SERVIER.


En effet, dès le lendemain du dépôt de ces nouvelles plaintes, soit le vendredi 18 mars 2011, les Laboratoires SERVIER proposaient « un fonds d’indemnisation destinée à un plus grand nombre de victimes » et ne faisaient plus de la renonciation des poursuites un préalable à toute indemnisation.


Les réunions se poursuivent entre les Laboratoires SERVIER et Madame Claire FAVRE, Présidente de la Chambre Economique de la Cour de Cassation, chargée par Monsieur Xavier BERTRAND de mener à bien les négociations.

L’AVIM se bat pour obtenir la mise en place d’un fonds d’indemnisation pour toutes les victimes du Médiator sans distinction, prenant en compte la réparation intégrale de tous les préjudices.

Moyens pour obtenir l'indemnisation des victimes du Mediator


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Source : AVIM





Victimes du Mediator : « Le combat ne fait que commencer, mais notre grand nombre sera notre plus grande force. »

AVIM, lundi 20 mars 2011

Depuis la médiatisation des complications engendrées par le Mediator, plus de 250 000 personnes ont consultés les sites des Associations A.V.I.M. et A.A.V.A.C. pour s'informer sur le Mediator et l’Isoméride.


Tout d’abord, permettez-moi, en mon nom personnel et au nom de toute notre équipe, de vous remercier très sincèrement de votre prise de contact auprès de notre Association qui représente une marque de confiance et un encouragement pour toutes les personnes bénévoles qui nous aident.


Nous essayons de répondre à chacun de vos mails, en prenant en compte vos demandes de conseils, d’adhésions à l’association, d’aide à la constitution du dossier et de démarches judiciaires à l’encontre des Laboratoires Servier.

Cependant, dans un premier temps, nous traitons, en priorité, les dossiers de personnes qui présentent déjà des complications liées au Mediator ( uniquement les Valvulopathies et l’Hyper Tension Artérielle Pulmonaire ).

De plus, compte tenu de notre grande expérience en matière de dommages induits par la prise de médicaments, il convient de ne pas brûler les étapes, comme le proposent pourtant certains avocats.


Avant toute démarche contre les Laboratoires Servier, il est impératif de commencer par préparer soigneusement votre dossier médical que nous ferons ensuite étudier par un de nos médecins spécialistes en réparation du dommage corporel.


En fonction de votre pathologie ( valvulopathies aortique ou mitrale, hypertension artérielle pulmonaire, uniquement à ce jour ) et malheureusement les cas de nombreux décès que nous avons déjà, nous étudierons ensemble la meilleure voie de procédure, civile ou pénale.

Cependant, compte tenu de la gravité de la situation, nos équipes de médecins et de juristes travaillent sans relâche et plusieurs centaines de dossiers ont déjà été traités.

Mediator : BFM TV Dépôt de 116 plaintes Nous avons déposé 116 plaintes avec constitution de partie civile pour homicides et blessures involontaires au Pôle de Santé Publique du Tribunal de Grande Instance de Paris, le 11 janvier dernier.

De même le 17 mars 2011, 500 nouvelles plaintes pour « homicides et blessures involontaires » et des plaintes pour « tromperie aggravée » contre les Laboratoires SERVIER ont été déposés au même Pôle de Santé Publique du TGI de Paris.

Bien entendu, plusieurs centaines d’autres plaintes ( dont la vôtre, si vous nous faites confiance ) seront aussi déposées dans les prochaines semaines.

De façon concomitante, nous étudions avec le Ministère de la Santé, la possibilité de mettre en place un Fonds d’Indemnisation des Victimes du Mediator.

Nous avons demandé, officiellement, aux Laboratoires SERVIER de participer financièrement à ce Fonds, car nous ne souhaitons pas d’un financement gouvernemental.

Mediator : Emission Revu et CorrigéComme vous avez pu constater, dans les différents médias, j’interviens personnellement dans ce combat afin de mettre en cause les Laboratoires Servier mais aussi les organismes de contrôle comme l’A.F.S.S.A.P.S.( Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé ) afin que leur responsabilité soit pleinement reconnue et que vos préjudices soient correctement évalués et indemnisés.

Le récent rapport de l’I.G.A.S., rendu le 15 janvier 2011, particulièrement accablant, n’a fait que confirmer mes soupçons.

Nous vous tiendrons régulièrement informés de l’état d’avancement de nos démarches.


Bien entendu, nous bénéficions du concours de cabinets d'avocats spécialisés dans le dommage corporel et le droit médical, qui interviennent depuis de nombreuses années pour défendre les victimes contre les Laboratoires Servier


Plus vous serez nombreux et plus notre action à l’encontre des Laboratoires Servier aura des chances d’aboutir.

Le combat ne fait que commencer, mais notre grand nombre sera notre plus grande force.



Le Président, Dr Dominique Michel COURTOIS


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Source : AVIM





Isoméride : ils ont fait condamner le labo du Mediator pour un autre médicament

TF1, samedi 22 janvier 2011, journal de 20h présenté par Claire Chazal



Résumé : Le laboratoire Servier, pointé du doigt pour sa commercialisation du Mediator, vient d'être condamné à indemniser la famille d'une femme décédée après avoir pris de l'Isoméride, un autre de ses médicaments retiré depuis du marché.

Mediator : TF1 Journal de 20h Claire Chazal : « Le Laboratoire Servier, qui est déjà, vous le savez, responsable de la fabrication du Mediator, a été condamné par la Justice à indemniser la famille d’une victime de l’Isoméride. L’Isoméride c’est un autre coupe-faim retiré du marché, qui avait été commercialisé en France entre 1985 et 1997. Les explications de Christelle Chiroux , Christophe Devaux et Linda Huré. »

Voix Off : « Une famille brisée pour quelques kilos superflus. Le 31 octobre 1995, l’épouse d’Alain Goudman décède. Nicole, 47 ans, souhaite perdre un peu de poids. À l’époque, son Médecin lui prescrit durant plusieurs mois un coupe-faim. L’Isoméride. Mais très vite, le “remède miracle” se transforme en cauchemar ... »

Mediator : TF1 Journal de 20h Alain Goudman : « Elle a commencé par des essoufflements, qui allaient en augmentant. Donc, on a été voir un Cardiologue. Le Cardiologue nous a envoyé dans les hôpitaux. Et justement dans les hôpitaux, il a été décelé une hypertension pulmonaire artérielle. »

Voix Off : « Seule solution, pour sauver son épouse, une transplantation cœur-poumons. Mais l’attente du donneur compatible est trop longue. »

Mediator : TF1 Journal de 20h Alain Goudman : « Oh, ... disons qu’elle a souffert pendant trois ans ! En dernier c’était atroce ! Elle est morte étouffée ! Je l’ai vu pratiquement mourir ! »

Voix Off : « C’est alors qu’Alain Goudman se lance dans un combat de “David contre Goliath”. Il attaque en 2002 le Laboratoire Servier, fabricant de l’Isoméride, des petites gélules vendues à près de 10 millions de français entre 1985 et 1997, année de retrait du marché. La bataille judiciaire dure 9 ans. »

Mediator : TF1 Journal de 20h Jean Christophe Coubris, avocat : « C’est une vraie victoire contre les Laboratoires Servier, qui n’ont pas hésités à vraiment utiliser tous les systèmes judiciaires qui leurs étaient permis pour venir contourner cette responsabilité qui étaient acquise dès le départ. Leur rapport d’expertise était extrêmement clair. Il mettait en évidence le lien d’imputabilité entre, la prise du médicament, la maladie de Madame Goudman et son décès. »

Voix Off : « Le Laboratoire est condamné à verser 145 000€ à la famille Goudman, dont 50 000€ pour vie abrégée. Un jugement qui ne laisse pas indifférent les associations des victimes du Mediator. »

Mediator : TF1 Journal de 20h Docteur D.M. Courtois, président de l’AVIM : « C’est la première fois pour un décès qu’il y a une condamnation des Laboratoires Servier. Donc, jusqu’à maintenant, on pensait que c’était un “bastion imprenable”. Et on voit que la Justice le sanctionne. Et je pense que maintenant les victimes, elles-mêmes, vont pouvoir demander des comptes aux Laboratoires Servier. »

Voix Off : « La composition du Mediator est proche de celle de l’Isoméride. Le Mediator serait à l’origine de la mort de plusieurs centaines de personnes. »


Tags: isoméride, avim, Docteur Dominique Courtois, médicament, diabete, afssaps, servier, hypertension pulmonaire


Source : TF1





Isoméride : Servier condamné en appel à indemniser la famille d'une victime de l'Isoméride

Google Actualités, AFP, samedi 22 janvier 2011

VERSAILLES — Le laboratoire Servier a été condamné jeudi par la cour d'appel de Versailles à verser 145.500 euros à la famille de Nicole Goudman morte en 1995 après avoir pris de l'Isoméride pendant plusieurs mois, a annoncé à l'AFP l'époux de la victime, Alain Goudman.
En première instance, le 7 juillet 2006, le tribunal de grande instance de Nanterre avait condamné le laboratoire à payer à la famille 130.500 euros. Servier avait fait appel.

Un arrêt de la Cour d'Appel de Versailles avait infirmé ce premier jugement. La famille de la victime avait choisi de se pourvoir en cassation.

La Cour de Cassation cassant l'arrêt le 9 juillet 2009, la Cour d'Appel de Versailles s'est prononcée à nouveau sur l'affaire. Elle a confirmé cette fois les dispositions du premier jugement, augmentant certains motifs de préjudice.

« C'est la première fois qu'une famille dont un proche est décédé après avoir pris de l'Isoméride obtient des indemnités », a dit à l'AFP le plaignant, Alain Goudman. « Cela a été un combat long et fatiguant avec Servier qui n'a eu que du mépris à notre égard et qui a repoussé nos propositions de régler cette affaire à l'amiable », a-t-il affirmé.

Un collège d'experts de la Pitié-Salpêtrière avait établi un lien de causalité entre l'hypertension artérielle pulmonaire découverte chez Nicole Goudman en 1993 et la prise d'Isoméride, un coupe-faim commercialisé par Servier entre 1985 et 1997.

« Cette décision de justice est une victoire pour ma femme et ma fille qui a été très perturbée par le décès de sa mère survenu au moment où elle passait son baccalauréat », a ajouté M. Goudman.

« On sait aujourd'hui que l'Isoméride contient une molécule qui est également présente dans le Médiator », a-t-il poursuivi.

Dans une réaction à l'AFP, le Docteur Dominique-Michel Courtois, président de l'Avim (Association des victimes de l'Isoméride et du Mediator), a salué la décision. « Cet arrêt constitue un signal fort à l'encontre des laboratoires Servier et marque la fin de l'impunité dont il semblait jouir, minimisant de façon honteuse le nombre de victimes et de décès », a-t-il dit.

Le Président de l'Avim « espère que cet arrêt exemplaire permettra au laboratoire Servier de prendre conscience de l'étendue de ses responsabilités dans ce véritable "désastre" sanitaire et qu'il va accueillir favorablement la demande de participation financière à un fonds d'indemnisation des victimes qui vient de lui être adressée ».

Le 11 janvier, l'Avim avait déposé au parquet de Paris 116 plaintes pour homicides et blessures involontaires visant le Médiator commercialisé par les laboratoires Servier à partir de 1976.

Tags: isoméride, avim, Docteur Dominique Courtois, médicament, coupe-faim, afssaps, servier, hypertension artérielle pulmonaire


Source : Google Actualités, AFP





Isoméride : Le laboratoire Servier condamné à indemniser la famille d'une malade

Nouvel Obs, samedi 22 janvier 2011 par Marc Angrand, édité par Nicole Dupont

Nouvel Obs PARIS (Reuters) - Le laboratoire pharmaceutique Servier, qui fabrique le Mediator accusé d'avoir causé 500 à 2.000 morts, a été condamné à indemniser la famille d'une femme décédée après avoir pris de l'Isoméride, un autre de ses médicaments retiré depuis du marché, a annoncé samedi l'Association des victimes de l'Isoméride et du Mediator (Avim).

Dans un arrêt en date de jeudi, la Cour d'appel de Versailles condamne Servier à verser 145.500 euros à la famille Goudman, un montant revu à la hausse par rapport à celui du jugement initial, rendu en 2006 et dont Servier avait obtenu l'infirmation en appel avant une annulation en cassation.

Nicole Goudman est décédée en 1995 à l'âge de 47 ans alors qu'elle souffrait d'hypertension artérielle pulmonaire et attendait une greffe coeur-poumon.

Une expertise médicale judiciaire avait établi un lien de causalité entre son hypertension artérielle pulmonaire et la prise d'Isoméride, un coupe-faim commercialisé en France entre 1985 et 1997, année de son retrait du marché mondial en raison des risques sanitaires qu'il représentait.

Le Docteur Dominique-Michel Courtois, président de l'Avim, s'est félicité dans un communiqué de l'arrêt de la cour d'appel, qui constitue selon lui « un signal fort à l'encontre de Laboratoire Servier et marque la fin de l'impunité dont il semblait jouir ».

L'Avim a déposé il y a dix jours 116 plaintes pour homicides et blessures involontaires liées au Mediator, l'anorexigène prescrit comme antidiabétique produit par Servier, retiré à son tour du marché français en 2009, longtemps après l'arrêt de sa commercialisation dans d'autres pays occidentaux.

Un rapport accablant de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) a accusé la semaine dernière Servier d'avoir « anesthésié » les acteurs de la chaîne du médicament pendant 35 ans pour commercialiser son produit.

Ce rapport a conduit le Ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a promettre une réforme « radicale » du système français de pharmacovigilance d'ici la fin de l'année.


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Source : NouvelObs.com





Mediator : le laboratoire Servier devant la Justice

France 5, samedi 15 janvier 2011, Émission Revu et Corrigé

Mediator : France 5 émission Revu et Corrigé présentée par Paul Amar - logo Suite aux suspicions de morts et de problèmes de santé qui ont donné naissance à l’"affaire du Mediator", le 18 janvier 2011, l’Association des Victimes de l’Isoméride et du Mediator (AVIM) devrait déposer 110 plaintes pour blessures ou homicides involontaires contre le laboratoire Servier auprès du Pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Paris.
Son président, le Docteur Dominique-Michel Courtois, présent sur le plateau de "Revu et corrigé" assure que d’ici la fin du mois, elles seront accompagnées de 500 nouvelles plaintes provenant de la France entière.
En parallèle, "une demande d’entrevue sera déposée auprès de Xavier Bertrand (ministre de la Santé), afin de lui faire part de la détresse de toutes les victimes et pour lui demander la création d’une commission d’expertise et d’indemnisation".


Mediator : France 5 émission Revu et Corrigé Paul Amar : « D’un médecin à l’autre. D’une inquiétude à l’autre. Mais le sujet, cette fois est plus polémique, il porte sur le Mediator. Ce médicament qui aurait tué entre 500 et 2000 personnes, du coup les plaintes contre le laboratoire Servier se multiplient, et nous demanderons au Docteur Courtois, Président d’une association de victimes, ce qu’il en attend. Faisons tout d’abord le point sur cette affaire avec Vicky Bogart. »

Voix Off : « Nouvelle étape dans le scandale du Mediator, les plaintes contre le laboratoire Servier pour homicide et blessures involontaires se sont multipliées cette semaine. »

Yamina Bencheikh – Victime du Mediator : « Nous sommes 116 aujourd’hui à déposer plainte et puis je pense qu’il y a 500 encore qui doivent arriver avant la fin du mois. Mais, ça ce n’est pas encore toutes les victimes, ... parce que je pense que y’en a beaucoup plus. »

Voix Off : « Certaines victimes craignent en effet des procédures pénales interminables et préfèrent jouer la carte d’un accord à l’amiable avec le laboratoire. »

[…]

Mediator : France 5 émission Revu et Corrigé Voix Off : « De son coté le groupe Servier semble prêt à négocier. Lundi la direction générale est sortie de son silence. Pour la première fois, le laboratoire reconnait que le Mediator a pu présenter un vrai risque pour la santé des patients. »

Lucy Vincent – Directrice Générale des Laboratoires Servier : « J’ai une seule chose à vous dire, il y aurait un seul mort ce serait déjà trop. Bien sûr que les laboratoires Servier sont prêts à prendre toutes leurs responsabilités, si il y en a, mais à la fin des enquêtes en cours. »

Voix Off : « Une de ces enquêtes a été ouverte en décembre par le Parquet de Paris. La pneumologue Irène Frachon, qui avait révélé l’affaire du Mediator, a été entendu ce mercredi. Une mission d’information parlementaire a également été lancé. ».

Paul Amar : « Et avant d’écouter le Docteur Courtois. Bonsoir. »

Mediator : France 5 émission Revu et Corrigé Docteur D.M. Courtois : « Bonsoir ».

Paul Amar : « Euh ... Des précisions sur le rapport de l’Inspection Générale et la réaction de Xavier Bertrand, le Ministre de la Santé, très sévères cette après-midi, Alice ... »

Alice Malhberg : « Extrêmement sévère, en effet, puisque le laboratoire Servier a été directement mis en cause par Xavier Bertrand après que l’Inspection Générale des Affaires Sociales (Ndlr : IGAS) lui a remis son rapport sur le Mediator. »

Mediator : France 5 émission Revu et Corrigé Xavier Bertrand : « Ce rapport établit clairement qu’il y a eu des défaillances graves dans le fonctionnement de notre système du médicament. A la lecture du rapport, je constate qu’il y a un faisceau d’indices extrêmement lourd qui indique une responsabilité première et directe des laboratoires Servier dans ce drame du Mediator. ».

Alice Malhberg : « Donc à cela le Ministre de la Santé a également ajouté qu’il souhaitait rebâtir un nouveau système de sécurité sanitaire pour éviter un nouveau Mediator. Pour lui la « police du médicament » a failli à sa mission. Et puis de son coté, eh bien, l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) a affirmé que le retrait du Mediator du marché, aurait pu être décidé dès 1999. C'est-à-dire, ... euh et bien, 10 ans avant son retrait effectif. Selon l’IGAS le Mediator aurait bénéficié, je cite : “d’une incompréhensible tolérance de l’Agence du Médicament de l’époque”, l’actuelle AFSSAPS. Euh ... le rapport définitif de l’IGAS est attendu le 31 mars. ».

Paul Amar : « Et les laboratoires Servier ont aussitôt réagis, en “regrettant ” ce qu’ils appellent “des conclusions non conformes à la réalité”. Alors vous êtes Docteur Dominique Michel Courtois, Président de l’Association des Victimes de l’Isoméride et du Mediator. Comment l’AVIM, réagissez-vous à ces conclusions, à la réaction du Ministre. »

Mediator : France 5 émission Revu et Corrigé Docteur D.M. Courtois : « Les conclusions on les connaissait pratiquement toutes, si vous voulez, on savait très bien qu’il y avait eu un disfonctionnement dans la chaine du contrôle au niveau des différents organismes. On savait aussi qu’il y avait eu “tricherie”, si je puis dire, des Laboratoires Servier, puisqu’ils ont présentés ce médicament comme avec des effets cardio-vasculaires, sans jamais dire que c’était une amphétamine. Et effectivement, depuis (19)95 au plus tôt, 2004 où l’Italie et l’Espagne l’ont interdit, il fallait retirer ce médicament de la circulation, bien entendu ».

Paul Amar : « Tricherie, l’accusation est grave, euh ... cela veut dire que la logique financière a primé, voilà ... euh ... »

Mediator : France 5 émission Revu et Corrigé Docteur D.M. Courtois : « Cela veut dire que la logique financière a primé, et surtout qu’il y a eu, quand même, des pressions et même peut-être plus à différents niveaux, pour maintenir à la vente et au remboursement à 65% par la sécurité sociale, d’un médicament dont on savait que, au mieux il ne faisait rien, et au pire il entrainait des complications ... »

Paul Amar : « “Peut-être plus” dîtes-vous ? »

Docteur D.M. Courtois : « Pardon ? »

Paul Amar : « “Pressions et peut-être plus” dîtes-vous ? »

Mediator : France 5 émission Revu et Corrigé Docteur D.M. Courtois : « Et peut-être plus, oui »

Paul Amar : « C'est-à-dire ? »

Docteur D.M. Courtois : « Oui, et peut-être plus, parce que c’est incompréhensible que pendant 10 ans ce médicament, dont on savait qu’il entrainait des complications cardio-vasculaires et d’hypertension pulmonaire, a été maintenu et non seulement maintenu, mais remboursé au taux maximum de la sécurité sociale et on connait un petit peu, euh ... sans être de la partie, la façon dont les Laboratoires Servier, faisaient pression à différents niveaux, ... médecins et autres. »

Paul Amar : « Combien de plaintes déposées, à ce jour ? »

Mediator : France 5 émission Revu et Corrigé Docteur D.M. Courtois : « On a déposé 110 plaintes. C'est-à-dire 100 plaintes pour “blessures involontaires” et 10 plaintes pour “homicide involontaires”. »

Paul Amar : « Et vous êtes en attente de ... plusieurs centaines de plaintes ?... »

Docteur D.M. Courtois : « On va en déposer d’avantage, parce que, je vois effectivement que l’on prône quelques fois la transaction amiable avec les laboratoires Servier. Moi j’ai essayé en 2002 (Ndlr. Pour les victimes de l’Isoméride). Je sais ce que cela a donné. Donc, jusqu’à aujourd’hui, on a vue ce qu’était Monsieur Servier, qui nie l’évidence en disant “Il n’y a que 3 morts”. Mais c’est scandaleux ! Il y a déjà trois morts ! Et on sait qu’il y en aura entre 500 et 2000, et peut-être même d’avantage ... mais il sera difficile de remonter, jusqu’en (19)76, c'est-à-dire la date de mise sur le marché du médicament. ».

Paul Amar : « Donc cela veut dire que vous voulez aller au Pénal. Et cela veut dire que vous ne vous contentez pas d’indemnisations éventuelles. Vous voulez des sanctions. »

Mediator : France 5 émission Revu et Corrigé Docteur D.M. Courtois : « Tous d’abord. On a rencontré la semaine dernière, et je dois revoir mardi prochain, Monsieur Xavier Bertrand. Qui nous a demandé de lui faire une proposition sur un fond d’indemnisation. Car, il y aura un fond d’indemnisation, c’est certain. »

Paul Amar : « Est-ce que cela voudrait dire que, euh ... les personnes pourrait être indemnisées avant procès. Parce que l’on sait que la procédure judiciaire est toujours très longue. »

Mediator : France 5 émission Revu et Corrigé Docteur D.M. Courtois : « C’est ce qui va être fait. Mais ce qu’il ne faut pas c’est que ce soit les Français qui indemnisent les Français. Donc, on va proposer effectivement au Ministre, une solution. Mais vous savez que vous pouvez très bien aller au Pénal, et pour les intérêts Civils vous faire indemniser. Et quand on dit que cela va durer des années, c’est totalement faux, puisque on est déjà au Pôle de Santé Publique, on a déjà deux procureurs et les auditions commencent la semaine prochaine. »

Paul Amar : « Solution, laquelle ? »

Docteur D.M. Courtois : « La solution ... »

Paul Amar : « Celle que vous allez proposer au Ministre ? »

Mediator : France 5 émission Revu et Corrigé Docteur D.M. Courtois : « La solution, je pense que c’est un Fond, si vous voulez, pour aller vite, hein ... d’une part, et ne connaissant pas aujourd’hui la situation et la position de Servier. C’est un Fond d’indemnisation comme l’ONIAM le fait actuellement pour les Hépatites post-transfusionnelles. C'est-à-dire que l’on aille vite. Qu’il n y ait pas des expertises avec des experts dans toute la France. Qu’il ait des gens compétents qui étudient dossiers sur dossiers, et qui indemnisent. Mais toutes les victimes, le premier sentiment, c’est quand même la sanction des laboratoires Servier et de tous les organismes qui ont dysfonctionnés. L’argent ne vient vraiment qu’en dernière position. »

Paul Amar : « Question qui vous est posée : comment sont prises en charge les personnes qui ont prises du Mediator ? »

Mediator : France 5 émission Revu et Corrigé Docteur D.M. Courtois : « Prise en charge, et bien justement. Toute personne qui a pris du Mediator, en deux mots, euh ... ne vont pas être malade. Bien que si 5 millions en ont quand même pris, si vous voulez, ... »

Paul Amar : « Combien ? »

Docteur D.M. Courtois : « 5 millions ... »

Paul Amar : « 5 millions »

Docteur D.M. Courtois : « 5 millions. Il y en avait encore plus de 300 000, lorsque le médicament a été suspendu en 2009, ce qui est très important. Et les deux complications, donc valvulopathie et hypertension pulmonaire. Mediator : France 5 émission Revu et CorrigéMoi, je pense que, on doit aller voir son médecin traitant ou son médecin référent, qui vous connait bien. Et, à la dernière réunion avec le Ministre de la Santé, il a été décidé que l’on avertirait, qu’il y aurait un courrier de l’Ordre des Médecins qui expliquerait, que si vous voulez une échographie cardiaque, le médecin traitant ne peut pas vous la refuser. Vous allez bénéficier du doute et on va les faire. Et donc si vous voulez, si vous n’avez rien, vous allez voir le médecin et il prendra toutes les précautions pour essayer de déterminer s’il y a effectivement une pathologie. Si vous l’avez déjà, malheureusement, … bien à ce moment là vous pouvez vous orienter vers les différentes associations. »

Mediator : France 5 émission Revu et Corrigé Paul Amar : « Merci beaucoup ... »

Docteur D.M. Courtois : « C’est moi qui vous remercie. »

Paul Amar : « ... Docteur Courtois pour toutes ces précisions. »


Retrouvez l'intégralité de l'émission "Revu et corrigé" animée par Paul Amar en vidéo sur le site web de France 5.
France 5 > Rubrique Revu et Corrigé > Émission du 15 janvier 2011



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Source : France 5





Mediator : 116 plaintes déposées contre Servier

BFM TV, mardi 11 janvier 2011



Mediator : 116 plaintes déposées contre Servier
source BFMTV Publiée le 11/01/11

Des plaintes ont été déposées ce matin par l'Avim, l’Association de victimes du Médiator, contre les laboratoires Servier au Tribunal de Grande Instance de Paris. Il ne s'agit pas des premières plaintes, mais le geste est symbolique par son ampleur.

Voix Off : « Victimes présumées du Mediator, représentant d'Associations, avocats ... Ils sont arrivés en rang serré ce matin. Dans leurs valises 106 plaintes pour "blessures involontaires", 10 autres pour "homicides involontaires". Et un message ... »

BFMTV - Interview du Président de l'AVIM Docteur D.M. Courtois : « Les victimes, ... maintenant elles ont pris le pouvoir. C’est elles qui déposent leurs plaintes, c’est elles qui témoignent dans les médias, et manifestement je crois qu’elles iront au bout de la démarche. »

Voix Off : « Avertissement lancé au fabricant du Mediator. Une double motivation à cela, la colère des familles de victimes décédées, l'inquiétude des victimes malades. »

[...]


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Source : BFMTV





Mediator : Plaintes en cascade dans l'affaire du Mediator

Le Point, mardi 11 janvier 2011, par Gérard Bon, Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

PARIS (Reuters) - Cent seize plaintes pour homicides et blessures involontaires ont été déposées mardi devant la justice française par l'Association des victimes de l'Isoméride et du Mediator (Avim).

L'antidiabétique du Laboratoire Servier, également utilisé comme coupe-faim, serait responsable selon les études de 500 à 2.000 décès en France dus à des problèmes cardiaques.

Une enquête préliminaire a été ouverte en décembre par le parquet de Paris, choisi par le ministère pour traiter toutes les plaintes nationales, mais les associations veulent obtenir la désignation assez rapide d'un juge d'instruction indépendant.

Le président de l'Avim, Dominique-Michel Courtois, a assuré mardi que des centaines d'autres plaintes de malades ou de proches de victimes décédées allaient suivre.

« On va aller de surprise en surprise et on commence à les connaître, c'est-à-dire des dysfonctionnements depuis de nombreuses années dans toutes les structures de contrôle », a-t-il dit à des journalistes.

« C'est ce qui explique que le médicament a pu être vendu sans aucun problème jusqu'en 2009 alors qu'on sait qu'au mieux il n'avait aucun effet et qu'au pire il entraînait les complications cardio-vasculaires que l'on connaît aujourd'hui », a-t-il ajouté.

L'association UFC-Que Choisir a également annoncé qu'elle déposerait plainte contre X à Paris « avant jeudi » pour « mise en danger de la vie d'autrui, homicides et blessures involontaires, tromperie sur la marchandise et sur les risques inhérents du produit », a précisé son président, Alain Bazot.
LAISSER DU TEMPS À LA JUSTICE
Echaudées par d'autres procédures pénales longues et infructueuses, comme dans le dossier de l'hormone de croissance, d'autres associations de victimes disent vouloir privilégier une demande d'indemnisation à l'amiable.

Le Mediator, mis sur le marché en 1976, a été interdit en France en novembre 2009, longtemps après son retrait dans d'autres pays occidentaux.

Dès les années 1990, des médecins avaient lancé des alertes sur ses effets secondaires cardiaques mortels, des valvulopathies, mais aucune mesure n'a été prise. Des études jugeaient par ailleurs qu'il était sans intérêt thérapeutique.

Confiée à la police et la gendarmerie, l'enquête préliminaire du parquet n'a pas avancé, car il semble attendre le rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), qui doit être remis mi-janvier au ministre de la Santé.

Aucune perquisition ni interrogatoire n'a encore visé le laboratoire Servier.

Lors d'une cérémonie de voeux à son personnel la semaine dernière, Jacques Servier, fondateur du laboratoire, avait estimé que le Mediator n'avait fait que trois morts et que le chiffre de 500 avancé par des études relevait du "marketing".

Depuis, Lucy Vincent, directrice générale du laboratoire, a déclaré que « la mort de trois personnes, c'est déjà trop », tout en continuant à contester les études ayant conclu au décès de 500 à 2.000 personnes.

Elle a également assuré que le groupe Servier était « prêt à assumer sa responsabilité si elle est engagée ».

Le dossier du Mediator provoque un débat sur l'influence des laboratoires pharmaceutiques sur les décisions de santé publique.

A l'Assemblée Nationale, le Ministre de la Santé Xavier Bertrand a promis des indemnisations « justes et rapides » des victimes et proposé d'agir sur les conflits d'intérêts.

« Il faut une transparence notamment au niveau des agences de santé (...) Je souhaite qu'il y ait la totale clarté, la totale transparence, qu'il y ait même maintenant des déclarations d'intérêt pour les membres des cabinets ministériels », a-t-il dit.

Une demi-douzaine de ministres de la Santé risquent de se voir reprocher leur manque de vigilance. En outre, Nicolas Sarkozy avait conseillé Jacques Servier lorsqu'il était avocat d'affaires. Devenu président, il lui a remis la Légion d'honneur personnellement en 2008.

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Source : lePoint.fr





Mediator : 116 plaintes déposées au tribunal de Paris

Le Parisien, mardi 11 janvier 2011

C'est une étape décisive dans l'affaire du Mediator. 116 plaintes, 10 pour homicide involontaire et 106 pour blessures involontaires, ont été déposées mardi à Paris par le président de l'Association des victimes de l'isoméride et du Mediator (Avim), Dominique-Michel Courtois, accompagné d'une dizaine de victimes présumées au tribunal de Grande Instance Paris.

Cette annonce laisse présager le choix de la voie judiciaire plutôt qu'un règlement amiable par les victimes.

« Des centaines d'autres plaintes sont en préparation », a déclaré l'avocat de l'association bordelaise, Jean-Christophe Coubris. La première avait été déposée fin novembre à Nanterre avant que le parquet de Paris soit saisi. D'autres associations devraient se joindre à cette démarche. UFC-Que Choisir a ainsi annoncé une plainte contre X à Paris « avant jeudi ».
Bertrand : une indemnisation « juste et rapide » des victimes
L'évolution de ce nouveau scandale sanitaire est suivie de près au ministère de la Santé. Une réunion du comité de suivi Mediator est prévue mercredi soir autour de Xavier Bertrand. Le ministre a assuré mardi qu'il y aurait une indemnisation « juste et rapide » des victimes, et que la question serait abordée dès mercredi lors d'une rencontre avec les associations de patients. Répondant à l'Assemblée nationale à une question orale du député PS Gérard Bapt (Haute-Garonne), il a rappelé que la consultation médicale de contrôle des patients ayant pris du Mediator serait « intégralement prise en charge » par l'Assurance maladie, qui « engagera ensuite les actions nécessaires ».

L'Assemblée nationale s'en aussi emparée du dossier. A la demande du Parti socialiste, une mission d'information parlementaire sur le Mediator doit voir le jour ce mardi.
Entre 500 et 2 000 décès, selon les estimations
La justice a ouvert en décembre une enquête préliminaire sur le Mediator, fabriqué par le laboratoire Servier. Un médicament antidiabétique prescrit à quelque cinq millions de Français de 1976 jusqu'à fin 2009, date de son interdiction. Il est accusé d'être à l'origine de la mort de 500 à 2000 personnes selon les estimations, et d'avoir provoqué de graves lésions cardiaques chez des milliers d'autres.

A sa sortie du tribunal, Me Coubris a « espéré que l'ouverture d'une information judiciaire et la nomination d'experts ne prendront que quelques semaines » et souhaité qu'« en 2011, on ait un premier éclairage ». « La situation est gravissime. Les expertises mettront en évidence les dysfonctionnements que va révéler cette triste affaire », a-t-il dit.

Entre autres « dysfonctionnement », le deuxième avocat de l'Avim, Me Philippe Courtois relève l'absence d'étude sur le Mediator, que l'agence européenne avait demandée à Servier en 2002 et qui n'a jamais été faite. « On peut se poser la question des rapports entre les experts et les laboratoires », a-t-il expliqué à la presse en jugeant « pas du tout fiable l'expertise italienne » sur laquelle se base Servier pour calculer le nombre de victimes potentielles. Servier a contesté ces chiffres, son patron et fondateur Jacques Servier évoquant celui de « trois morts ».
L'association veut un nouveau décompte des victimes
L'Avim espère « une nouvelle étude de recomptage » des victimes, a ajouté Me Philippe Courtois. Car le rapport de l'Igas, dont la publication est attendue d'ici à samedi, « est une enquête administrative qui ne concerne que les rapports des experts avec Servier ». « J'espère qu'on va savoir où cela a disjoncté et pourquoi ça a disjoncté », a déclaré le Dr Courtois dont la démarche vise « la sanction pénale éventuelle des responsables et l'indemnisation des préjudices subis par les victimes ». « Si ça peut se faire à l'amiable, toutes les voies sont possibles. Je n'y crois pas mais tout peut changer », a-t-il nuancé.

Dimanche, Servier s'est dit « prêt à assumer sa responsabilité si elle est engagée » [...].

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Source : leParisien.fr





Mediator : des plaintes déposées au pénal

BFM TV, mardi 11 janvier 2011



Mediator : des plaintes déposées au pénal
envoyé par BFMTV Publiée le 11/01/11

Le scandale de santé publique sur le médicament Mediator a franchi ce mardi une nouvelle étape avec le dépôt à Paris de 110 plaintes, dont dix pour homicide, au tribunal de grande instance de Paris.

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Source : BFMTV





Mediator : les victimes s'attendent à une bataille rude

TF1, mardi 11 janvier 2011, journal de 13h présenté par Jean-Pierre Pernaut



Résumé : Pour Geneviève, le Médiator est responsable de la mort de son mari. Dominique, lui, est malade après avoir pris ce médicament. Comme d'autres plaignants, ils vont porter plainte même s'ils s'attendent à une rude bataille judiciaire.

[...]

TF1 - Journal de 13h Jean Pierre Pernaut : « Parlons de santé, maintenant, dans l’actualité avec les suites de l’affaire du Mediator. La bataille pour l’indemnisation des victimes commence. Et 116 plaintes ont été déposées ce matin au Tribunal de Paris. Viviane Jungfer avec Christophe Devaux à Bordeaux. »

Voix Off : « D’autres victimes retrouvaient ce matin le Docteur Courtois et les avocats de l’Association des Victimes du Mediator. Ils ont remis 116 plaintes au Pôle de Santé du Tribunal de Paris. Leur premier dépôt en masse mais il y a en des centaines d’autres à venir sur leurs bureaux à Bordeaux. »

TF1 - Journal de 13h Docteur D.M. Courtois : « Je ne veux pas déposer de plaintes qui ne soient pas parfaites. Pour ne pas laisser les Laboratoires Servier la possibilité de " ricaner " sur la qualité des dossiers. »

Voix Off : « Ils se sont déjà battus pour les victimes de l’Isoméride, autre médicament phare du Laboratoire Servier. Alors, ils le savent, la bataille sera rude. Elle ne fait que commencer. »

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Source : TF1





Mediator : l'Assurance maladie mettait en garde sur les risques dès 1998

Le Figaro, vendredi 18 décembre 2010, par Anne Jouan

Selon un document que révèle le Figaro, l'Agence du Médicament avait été alertée des dangers du Mediator bien avant son retrait du marché en 2009.


« Il nous semble utile d'alerter l'Agence du Médicament sur l'utilisation non contrôlée d'un produit de structure amphétaminique, dans un but anorexigène. Il est en effet assez paradoxal de constater que la prescription de Mediator est tout à fait libre tandis que celle des médicaments du groupe des amphétaminiques est strictement encadrée depuis mai 1995 ». C'est en ces termes pour le moins choisis que trois médecins de la Sécurité Sociale mettent en garde contre l'usage inconsidéré du Mediator.


Dans une lettre que Le Figaro s'est procurée et qui a été adressée le 21 septembre 1998 au directeur général de l'Agence du médicament, à l'époque Jean-René Brunetiere, ils font part de leur inquiètude. Les professeurs Hubert Allemand, médecin conseil de la Caisse nationale de l'Assurance Maladie, Claudine Blum-Boisgard (CANAM), Patrick Choutet (Mutuelle Sociale Agricole) écrivent également: « Il nous apparaîtrait opportun de procéder à une réévaluation de l'utilité du Mediator dans la stratégie thérapeutique de la maladie diabétique et dans celle des hyperlipidémies. ».


Cette alerte, clairement formulée par des professeurs de renom n'a été suivie d'aucun effet, d'aucune mesure à l'Agence du Médicament. Aucune suite n'a été donnée puisque le médicament commercialisé en France depuis 1976, n'a été retiré du marché qu'en novembre 2009, soit 11 ans après cette lettre. Il aura fallu attendre dix ans avant qu'une enquête sérieuse soit lancée.


Cette dernière a montré, en 2009, que ce médicament des laboratoire Servier - présenté comme un « traitement adjuvant du diabète » mais en fait anorexigène déguisé et prescrit comme tel -, multipliait par trois le risque d'atteinte des valves cardiaques. Selon l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (l'Afssaps, nouveau nom de l'Agence du Médicament), le Mediator serait à l'origine d'au moins 500 décès.


Dans cette lettre du 21 septembre 1998, les médecins de l'Assurance Maladie ont parfaitement compris que le Mediator était un anorexigène et qu'il devait faire l'objet d'une vigilance particulière. Voire d'un arrêt de commercialisation. En effet, en septembre 1997, l'Isoméride, un autre médicament coupe-faim des laboratoires Servier était retiré du marché mondial du fait d'un risque accru et démontré d'hypertension artérielle pulmonaire et de maladies des valves cardiaques. Or, le Mediator et l'Isoméride ont des caractéristiques chimiques très proches. La molécule toxique pour les valves cardiaques produite par ces deux médicaments est la norfenfluramine. Le niveau d'exposition à la norfenfluramine est similaire, que l'on prenne du Mediator ou de l'Isoméride. C'est du fait de cette analogie évidente que les médecins de l'Assurance Maladie réclament à l'époque des mesures contre le Mediator. Malgré cette alerte très forte, rien ne se passe. Pourtant, tous les anorexigènes feront l'objet d'une interdiction totale, au plus tard en l'an 2000. Tous. Sauf le Mediator.


Le Figaro a pu se procurer d'autres documents émanant de l'Agence du Médicament traitant du Mediator entre 1997 et 2009. A la lecture de tous ces procès-verbaux de réunions, il est troublant de constater que régulièrement des enquêtes ou des compléments d'information sont demandées, mais que tout traîne en longueur ... Ainsi, dans un compte-rendu de la Commission nationale de pharmacovigilance du 1er octobre 1999, on apprend que: « Le benfluorex (nom chimique du Mediator) a fait l'objet d'une enquête "officieuse" dès 1995 en raison de parenté structurale avec les anorexigènes amphétaminiques (qui sont tous ou presque désormais interdits, ndrl). Cette enquête est devenue officielle en mai 1998. ». Après trois ans d'enquête « officieuse », personne n'a été capable à l'Afssaps de mesurer l'importance en terme de risque sanitaire de cette parenté entre les deux médicaments ! On peut aussi se demander pourquoi une enquête est d'abord « officieuse » s'agissant d'une question de santé publique, avant de devenir officielle.


En septembre 1998, à la demande des autorités sanitaires Italiennes, le Mediator fait l'objet d'une enquête au niveau européen. La France et l'Italie en sont les rapporteurs. En question, la similitude chimique entre l'Isoméride (désormais interdit à la vente) et le Mediator (toujours autorisé). Malgré cette enquête, une fois de plus, il ne se passe rien. En tout cas en France. Mediator est retiré en 2003 d'Italie et d'Espagne. Mais est maintenu contre vents et marées dans l'hexagone.


Pour leur défense, les laboratoires Servier, tout comme l'Agence du Médicament justifient le maintien sur le marché français du Mediator du fait du faible nombre de signaux en pharmacovigilance (c'est à dire de déclarations de complications). D'autres ont compris que la classe thérapeutique auquelle appartenait le Mediator était déjà une indication suffisante pour prendre des mesures de suspension, malgré des signaux « faibles ».



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Source : leFigaro.fr





Médiator : autopsie d'un scandale

La Dépêche, samedi 18 décembre 2010

Entre 1000 et 2000 morts, selon les derniers chiffres d'une enquête menée par des épidémiologistes mandatés par l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), 3 500 hospitalisations et des centaines, peut-être des milliers, de victimes qui s'ignorent encore.


Comment et pourquoi la France se retrouve-t-elle aujourd'hui en situation sanitaire de crise, face à ce qui s'annonce, pour beaucoup, comme la plus grosse affaire de santé publique de son histoire moderne ?


Pour donner à ses lecteurs les clés de compréhension de ce dossier tentaculaire, « La Dépêche du Midi » a réuni les deux spécialistes toulousains de « l'affaire du Médiator ».


Pourquoi le dispositif français de pharmacovigilance a-t-il failli ?


Pourquoi ce médicament sur lequel de lourds soupçons ont pesé très tôt a-t-il été prescrit jusqu'en 2009 dans l'Hexagone ?


Pourquoi les « sentinelles » de pharmacovigilance n'ont-elles pas été écoutées ?


Quelles sont les responsabilités ?


Et surtout, quelles leçons tirer de l'affaire du Médiator pour éviter, comme on le déclare souvent en prières incantatoires dans ce genre de circonstance, que la catastrophe se répète ?


Des questions essentielles auxquelles répondent aujourd'hui Gérard Bapt, cardiologue, député PS de Haute-Garonne à l'origine de la révélation du scandale, et François Chollet, neurologue, président du conseil d'administration de l'Afssaps.




Le chiffre : 59 %

Les Français suspicieux « On nous cache beaucoup de choses ». Une majorité de Français pense qu'on leur cache « beaucoup de choses » en matière de risques sanitaires et font très peu confiance au gouvernement.


Selon le 4e rapport de l'Observatoire des risques sanitaires, réalisée par l'institut Opinionway, la « crise de confiance dans le politique s'aggrave » dans le domaine des crises sanitaires, comme le souligne le cabinet de conseil Vae Solis corporate. En effet, 59 % des Français pensent qu'on leur cache « beaucoup de choses », et 26 % qu'on ne leur donne « que les informations les plus rassurantes ».


Scientifiques (66 %) et associations (51 %, contre 35 % en 2005) viennent loin devant l'administration (21 %) ou le gouvernement (6 %) quand on cite les deux acteurs à qui on fait le plus confiance pour dire la vérité sur une crise sanitaire.




Interview : « 200 plaintes seront déposées en janvier »

L'AVI, association d'aide aux victimes de l'Isoméride que vous présidez a étendu son champ d'intervention aux victimes du Médiator. Que s'est-il passé depuis les révélations du mois dernier ?


À ce jour, nous avons enregistré 50 000 contacts environ. Mais je dois signaler que depuis six à huit mois, des dossiers « Médiator » nous étaient spontanément transmis. Il s'agissait, en quelque sorte, des signes précurseurs du scandale qui vient d'éclater.


Justement, comment jugez-vous l'affaire du Médiator, à la lueur de l'expérience acquise par votre association ?


Je crois pouvoir dire sans me tromper que nous sommes, en volume, devant l'un des plus gros problèmes de santé publique en France. Je rappelle que ce médicament a été utilisé par 5 millions de patients de 1975 à 2009, et qu'il était encore prescrit à 300 000 personnes lorsqu'il a été retiré du marché. Et on sait que les effets secondaires de la molécule peuvent se manifester plusieurs années après l'arrêt du traitement.


Vous dites avoir été contacté par 50 000 personnes. Avez-vous décelé des cas sérieux de pathologies directement liées à la prise du médicament ?


Fin janvier, nous allons déposer deux cents plaintes au pénal pour « blessures involontaires », « mise en danger de la vie d'autrui » et même « homicide involontaire » contre les laboratoires Servier. Ces procédures que nous transmettrons directement au pôle judiciaire de santé à Paris, reposent sur des dossiers très complets.


Lorsqu'à partir de 2006, nous avons porté l'affaire de l'Isoméride - un autre produit du laboratoire français - devant la justice, nous nous sommes heurtés au « système Servier ». Ces gens-là sont redoutables. Ils disposent de médecins-experts et d'avocats d'une remarquable efficacité. Sur l'ensemble des plaintes que nous avons déposées - et elles étaient nombreuses -, je crains qu'au final nous n'obtenions condamnation que pour une vingtaine seulement, et sans doute au bout des longues années de procédure, lorsque toutes les voies de recours auront été épuisées par les avocats de Servier.


Mais cette douloureuse expérience nous a été utile. Elle nous a renseignés sur la stratégie de défense de l'adversaire. Cette fois, les victimes du Médiator vont apporter les preuves irréfutables du mal qu'elles ont subi en consommant un produit Servier.


Il se pourrait aussi que nous poursuivions l'Afssaps pour « complicité », avertit enfin le Docteur Courtois.


[...] Suite de l'article sur laDepeche.fr



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Source : laDepeche.fr





Mediator : une étude évoque 1000 à 2000 décès

Le Figaro, samedi 18 décembre 2010, par Anne Jouan

INFO LE FIGARO - L'Afssaps, qui avait en novembre annoncé le chiffre de 500 décès a minima, a commandité une autre étude, plus étendue dans le temps, qui révèle un nombre de victimes plus important.


Combien de décès sont attribuables au Mediator ?


Le 16 novembre, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) rendait public le chiffre de 500 décès a minima. Elle confirmait ainsi la fourchette donnée par Le Figaro le 14 octobre. Quelques jours plus tard, Jacques Servier, le fondateur et patron du laboratoire qui a commercialisé le médicament, déclarait dans Le Monde du 21 novembre: « Nous voudrions comprendre où ils sont. Qui a intérêt à tuer ses patients ? »


Ce chiffre de 500 décès a été établi par l'épidémiologiste Catherine Hill (Institut Gustave-Roussy de Villejuif). C'est à la demande de l'Afssaps, qui l'a contactée le 10 novembre, que la chercheuse s'est lancée dans ce calcul.


En réalité, l'Afssaps avait déjà, fin octobre, sollicité deux autres chercheurs, Mahmoud Zureik, directeur de recherche à l'Inserm, et Agnès Fournier, épidémiologiste à l'Inserm. Selon ces derniers, le nombre de morts attribuables au Mediator s'établissait entre 1000 et 2 000. Et c'est après avoir reçu leurs résultats inquiétants que l'Agence a sollicité Catherine Hill. « Notre estimation est tout à fait concordante avec la sienne, qui conclut à 3 500 personnes hospitalisées pour valvulopathies et à 500 morts minimum, confie Mahmoud Zureik . Toutes ces estimations globales sont basées sur une période de surveillance de mortalité de quatre ans après l'hospitalisation ». Agnès Fournier justifie sa méthodologie : « Pour répondre à la question qui nous avait été posée, à savoir combien ce médicament avait fait de morts, il me semblait opportun de fournir un nombre total de décès. Et non pas un chiffre ne prenant en compte que le court terme. »


Ce qui différencie les calculs de Catherine Hill de ceux de Mahmoud Zureik et d'Agnès Fournier, c'est la prise en compte du long terme. « D'après les connaissances médicales - et tous les cardiologues s'accordent sur ce point -, les patients hospitalisés pour valvulopathies, même s'ils ne décèdent pas pendant les premières années après leur hospitalisation (ce qui est le cas pour environ 90 % des patients dans le rapport de la Cnam), restent sujets à une surmortalité à plus long terme », explique Mahmoud Zureik.


Les trois chercheurs qui ont travaillé à la demande de l'Afssaps ont eu en leur possession les mêmes données de la Cnam pour réaliser leurs extrapolations. Il s'agit de 30 3336 personnes exposées au Mediator en 2006 (70 % d'entre elles ne sont pas diabétiques) dont 597 ont été hospitalisées au moins une fois pour valvulopathie. Parmi ces hospitalisations, on dénombrait 64 décès. Pour faire simple, c'est la prise en compte de la surmortalité des 533 malades non décédés dans les quatre ans qui aboutit à la différence entre les 500 morts et la fourchette de 1 000 à 2 000 décès. Catherine Hill estime aujourd'hui que cet éventail « n'est pas du tout déraisonnable ni exagéré ». Le 16 novembre, l'Afssaps n'a pas mentionné cette fourchette.



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Source : leFigaro.fr





Mediator : un registre national pour suivre les patients

Le Figaro, samedi 18 décembre 2010, par Sandrine Cabut

Les 375.000 patients qui se sont vus prescrire du Mediator entre novembre 2007 et novembre 2009, reçoivront une lettre de l'Afssaps les invitant à consulter leur médecin traitant.


Depuis quelques semaines, les 375.000 patients ayant eu une prescription de Mediator entre novembre 2007 et novembre 2009 reçoivent une lettre de l'Afssaps leur recommandant, s'ils ne l'ont déjà fait, de consulter leur médecin traitant à ce sujet. L'objectif est de rechercher des symptômes évocateurs d'une atteinte des valves cardiaques : essoufflement à l'effort, oedèmes des membres inférieurs, fatigue inexpliquée ... « Si nécessaire, l'avis d'un cardiologue et la réalisation d'une échographie cardiaque seront demandés », précise le courrier, dont une deuxième salve partira en janvier.


En pratique, le risque concerne les personnes traitées pendant plus de trois mois. L'atteinte consiste en une fuite au niveau d'une valve cardiaque, mitrale ou aortique, devenue incapable de se fermer correctement du fait d'une fibrose. À terme, cette « insuffisance » fatigue le muscle cardiaque, elle rend aussi la valve plus sensible aux infections. Une surveillance suffit dans les formes minimes. Pour les lésions plus évoluées, un traitement médical, voire chirurgical, peut être nécessaire. « L'existence d'un sur-risque d'atteinte valvulaire et son imputabilité au Mediator sont admises par tous, mais il faut aussi dire aux patients que ces lésions sont rares et que la plupart sont mineures », explique le Pr Gabriel Steg, cardiologue à l'hôpital Bichat (Paris).


« Chez certains, l'atteinte semble régresser après l'arrêt du traitement », ajoute le cardiologue Georges Chiche, auteur de la première déclaration de pharmacovigilance en 1999 et bon connaisseur du dossier. En partenariat avec la Société française de cardiologie, une étude prospective nationale, qui va suivre les individus exposés au Mediator, devrait permettre d'en savoir plus sur leur devenir à long terme. Les cardiologues vont recevoir un courrier les incitant à y participer. Jusqu'à présent, seulement 61 cas de valvulopathies sous Mediator ont été déclarés à la pharmacovigilance. Peu de cardiologues étaient semble-t-il sensibilisés à la toxicité valvulaire de ce produit. Sans compter les patients en prenant à l'insu de leur médecin.



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Source : leFigaro.fr





Mediator: une affaire de santé publique qui aiguise l’intérêt des avocats

La Croix, mardi 14 décembre 2010, par Pierre BIENVAULT

Un dossier majeur de santé publique


Il est vrai que le Mediator s’annonce comme un dossier majeur de santé publique, qui devrait occuper la justice pendant plusieurs années. Entre 1976 et novembre 2009 (date de retrait du produit), environ cinq millions de personnes en France ont pris ce médicament pendant une durée moyenne d’environ dix-huit mois. Aujourd’hui, il est impossible de savoir combien développeront des complications, dont il faudra établir devant la justice qu’elles ont bien été provoquées par ce traitement.


« À ce jour, environ 1 200 personnes ayant pris du Mediator nous ont contactés, mais nous ne retenons que les dossiers les plus solides sur le plan juridique », indique le docteur Dominique-Michel Courtois, président de l’Association d’aide aux victimes du Mediator et de l’Isoméride. « Nous avons déjà constitué une centaine de dossiers avec toutes les pièces nécessaires pour aller en justice. Une centaine d’autres sont en voie de finalisation. Et je viens d’envoyer un modèle de plainte à environ 450 personnes qui semblent intéressées pour engager une action en justice », précise ce chirurgien maxillo-facial, qui a fondé il y a vingt ans l’Association d’aide aux victimes d’accidents corporels (Aavac).


Le Docteur Courtois précise qu’il devrait déposer, fin janvier, « environ 200 plaintes au pénal » pour qu’elles soient instruites par le Pôle de santé publique de Paris. Celles-ci seront gérées par un cabinet d’avocats bordelais où travaille son fils, Me Philippe Courtois. « C’est une situation que j’assume, souligne le médecin. Je travaille en toute confiance depuis quinze ans avec ce cabinet spécialisé dans les dommages corporels et les erreurs médicales. Et j’ai obtenu de ces avocats qu’ils ne réclament pas le moindre centime aux victimes avant la fin des procédures. »



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Source : LaCroix.com





Mediator : la colère et l'angoisse des victimes

Elle, vendredi 19 novembre 2010, par Axelle Szczygiel

Voilà un dossier qui risque de prendre rapidement une tournure judiciaire.


Depuis la révélation des 500 décès et des 3.500 hospitalisations pour complications cardiaques dus au médicament anti-diabète Mediator, on assiste à une véritable levée de boucliers à l’encontre des autorités sanitaires voire même de certains membres du gouvernement.


Ainsi en est-il de Nora Berra, nouvelle secrétaire d’Etat chargée de la Santé, que le socialiste Gérard Bapt soupçonne de conflit d'intérêts avec l'industrie pharmaceutique, pour laquelle elle a travaillé pendant dix ans. Mais pour Nora Berra, pas question de démissionner du gouvernement malgré les révélations concernant le Mediator. « C’est hors sujet », a-t-elle déclaré jeudi soir sur Canal +, affirmant n’avoir « aucun conflit d’intérêt dans cette affaire ».


La secrétaire d’Etat a d’ailleurs affirmé qu’il n’y avait « aucune ambigüité sur l’imputabilité des troubles de valves cardiaques avec ce médicament » du laboratoire Servier.

Ma vie a basculé dans l’horreur

Les victimes, de leur côté, sont en train de découvrir, pour certaines d’entre elles, l’origine de leurs troubles.


Le Parisien a ainsi recueilli les témoignages édifiants de plusieurs patients qui accusent le Mediator de les avoir rendues malades alors qu’il devait les soigner.


Romuald Jacob, 22 ans, explique au quotidien avoir reconnu la boîte bleue du Mediator à la télévision mardi soir et avoir fait immédiatement le lien avec la crise cardiaque de son père, survenue il y a neuf mois. « Tout de suite, j’ai appelé ma sœur qui conserve le dossier médical et les ordonnances de mon père. Elle était en pleurs. Comme moi, elle venait de comprendre ce qui l’avait vraiment tué ». Traité pour diabète, leur père a en effet pris du Mediator pendant deux ans.


Geneviève, elle, en a pris pendant huit mois. Au départ c’était la pilule miracle, celle qui lui a fait perdre 30 kilos en quatre mois.


Puis les soucis de santé se sont multipliés. Aujourd’hui, elle craint de ne plus être « de ce monde lors du procès ». « En un an, ma vie a basculé dans l’horreur (…) Chaque matin, je ne sais pas si je vais vivre », confie-t-elle au quotidien.

Les plaintes vont affluer

Sur ELLE.fr, certaines de nos lectrices nous ont également fait part de leurs angoisses. « Mon médecin m'a prescrit du Mediator pour me faire maigrir. J’en ai pris durant 3 ans régulièrement. Une pharmacienne que je connaissais bien m'en donnait facilement, même sans ordonnance. Depuis deux ans j'ai des soucis de respiration, d'hypertention, j'ai des malaises étranges : les bras qui se paralysent durant quelques minutes, le coeur qui bat plus fort d'un seul coup... Mais d'après mon médecin, ce n’est pas grave. J'ai 63 ans alors maintenant je fais quoi ? »


Une autre explique avoir pris du Mediator pour ses problèmes de glycémie. Aujourd’hui, sa colère est palpable : « J'apprends que ce médicament est interdit depuis de nombreuses années dans d'autres pays et là, franchement, je ne me sens pas très bien. Quelle épée de Damoclès au-dessus de ma tête. C'est facile de jouer avec la santé des gens comme ça et j'espère que ça ne restera pas impuni. »


Selon le docteur Dominique Courtois, à la tête d’une association de victimes, « une vingtaine de dossiers » sera déposée « pour expertise au tribunal » la semaine prochaine.



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Source : Elle.fr





Journal de 20h - Médiator : l’incompréhension et la peur des patients

TF1, jeudi 18 novembre 2010

Les cabinets médicaux sont submergés d’appels de patients inquiets depuis l’annonce des graves effets indésirables du médicament qui aurait provoqué la mort de 500 personnes. Certains envisagent même une action en justice.


Harry Roselmack : « Les suites des révélations faites il y a deux jours à propos de la pilule coupe-faim Mediator. L’annonce des graves effets indésirables du médicament, qui aurait provoqué la mort d’au moins 500 personnes, a évidemment eu des conséquences. Les cabinets médicaux sont submergés d’appels de patients inquiets, dont certains vont jusqu’à envisager une action en justice. » [...]


Voix-off : « Et pourtant, dans cette association de victimes, depuis le retrait du Mediator il y a 1 an, les cas se multiplient … 200 dossiers sont déjà prêts à aller en procédure et depuis lundi dernier, on en est à plus de 2000 mails reçus. »


Dr Dominique Michel Courtois : « Il y a 2 sentiments qui dominent. C’est l’incompréhension. Et une très très grande peur dans l’avenir. C’est vraiment ce qu’ils traduisent dans 80% des mails. »


Voix-off : « le lien de cause à effet, justement, ce sera bien le plus dur à établir. »


Me Jean-Christophe Coubris : « les coupes-faim représentent des sommes considérables. Cela représente un peu plus de 10% du chiffre d’affaire de ces laboratoires. Donc vous comprenez bien que les enjeux financiers sont énormes ...»


Voix-off : « et comme pour toutes les procédures de santé publique, la bataille va durer plusieurs années, c’est certain. »

















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Source : TF1





L’isoméride, l’autre médicament polémique

Europe 1, jeudi 18 novembre 2010, par Mathieu Charrier

Le laboratoire Servier savait qu’il était dangereux et ne l’a pas retiré du marché.


Nouveau scandale en vue pour Servier ? Alors que le laboratoire français doit faire face aux critiques pour ne pas avoir retiré plus tôt son médicament Mediator, une autre affaire pourrait venir lui porter préjudice.


L’isoméride, le prédecesseur du Mediator, retiré du marché en 1997, a déjà valu au laboratoire Servier plusieurs condamnations en justice. Le 17 septembre dernier, le laboratoire Servier a été condamné par le TGI de Nanterre à verser 210.000 euros de dommages et intérêts à une patiente qui se se plaignait de graves problèmes cardiaques après avoir pris de l’Isoméride. Le médicament pourrait provoquer de l’hypertension artérielle pulmonaire et des atteintes cardiaques.


Selon des informations recueillies par Europe 1, le laboratoire Servier savait que l’Isoméride était dangereux plusieurs années avant son interdiction et n’a pourtant rien fait pour le retirer du marché.

S'engager à ce que soit secret

Dès 1991, soit six ans avant son interdiction en France, le docteur Dominique Michel Courtois avait obtenu un rendez-vous avec les dirigeants du laboratoire Servier. Ce dernier voulait évoquer le cas d'une patiente belge, soignée à l'isoméride et qui avait contracté une maladie cardiaque.


« Un médecin expert du laboratoire avait reconnu qu'il y avait un lien » explique le médecin. « On nous avait proposé une négociation à l’amiable mais on devait s’engager à ce que ce soit secret ». En clair, ne pas en parler dans les médias.


Selon Libération, l’affaire a pris une tout autre ampleur outre-Manche. Aux Etats-Unis et au Canada, une association regroupant plus de 150. 000 personnes, se disant victimes de l’Isoméride, a obtenu un accord amiable pour un montant de 2,78 milliards d’euros.



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Source : Europe 1





Journal de 13h : reportage sur le Mediator

France 2, mercredi 17 novembre 2010

Élise Lucet : « Après l’alerte lancée hier par l’Afssaps, à propos du Mediator, les premiers patients sont arrivés ce matin chez leur généraliste ou leur cardiologue. Ils sont inquiets, bien sûr. En tout ce sont 3 millions de patients qui sont concernés. La polémique est loin d’être éteinte en ce qui concerne la lenteur des autorités pour aboutir à l’interdiction de ce médicament. Reportage de José Blanc-Lapierre. »


Voix-off : « Depuis hier, d’autres victimes se déclarent, notamment auprès de cette association (ndlr Site de l’AAVAC affiché à l’écran) où 200 personnes sont prêtes à saisir la justice. Au total depuis 1976, 5 millions de personnes ont pris du Mediator, en majorité des femmes. En novembre 2009, 300 000 personnes en prenaient en France, c’est au moment où le Mediator a été suspendu. [...] Il faudra attendre 2009 pour que l’Agence décide de suspendre le Mediator. »



















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Source : France 2





Les dangers du Mediator

Sud-Ouest, mercredi 17 novembre 2010, par Hélène Rouquette-Valeins

Trente-quatre ans après, il voit arriver des dossiers avec la même pathologie : hypertension artérielle pulmonaire et déformation des valvules cardiaques.


Le Docteur bordelais Dominique Courtois, fondateur de l'Aavac (Association d'aide aux victimes d'accidents corporels), relevait hier matin que les quelques 200 dossiers que son association a récoltés faisaient état des mêmes constats que ceux qui lui furent envoyés à l'époque concernant l'Isoméride. Le fabricant - le laboratoire Servier - est le même.
Ce médicament prescrit aux diabétiques en surcharge pondérable a été commercialisé pendant trente-trois ans en France. Retiré de la vente au mois de novembre 2009, il était encore pris par plus de 300 000 patients.

Illusoire d'attendre

Pourtant, depuis 2005, la revue indépendante « Prescrire » avait alerté le corps médical sur les dangers du médicament.
L'un des animateurs de la publication, Pierre Chirac, explique qu'ils avaient aussi consulté des publications internationales, qui évoquaient les mêmes effets indésirables. « Nous savions, confirme-t-il, qu'il était illusoire d'attendre, même si, en pharmacovigilance, une sous-notification ne signifie pas un moindre danger, mais qu'un certain nombre de médecins n'ont pas fait le rapport. ».


Début 2007, le Docteur Irène Frachon, pneumologue hospitalier à Brest, prend en charge une patiente atteinte d'hypertension artérielle et fait le rapprochement entre le Mediator et les effets de l'Isoméride, coupe-faim dont elle a connu les ravages à l'hôpital Bicêtre, où elle a travaillé dans le service qui en avait dénoncé les dangers.

Le Docteur Irène Frachon poursuit son enquête, alerte l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), et écrit un ouvrage (« Mediator. Combien de morts ? »), dont Servier demandera que le sous-titre soit supprimé.

Elle se bat dos au mur contre le laboratoire et l'indifférence des autorités sanitaires. « Je ne comprends pas, assure le professeur Bernard Begaud, professeur de pharmacologie à Bordeaux 2, directeur de l'unité Inserm UE 657 (pharmacologie-épidémiologie et évaluation de l'impact des produits de santé sur les populations), que l'on ait laissé cette femme médecin se débrouiller seule, sans moyens. Alors qu'elle soulevait une question de santé publique et qu'il ne s'agissait pas d'une lubie. »

Un train de retard

Pour le professeur bordelais, « c'était prévisible. L'Isoméride ayant été interdit, le report allait se faire sur le Mediator. L'enquête aurait dû être diligentée plus tôt. Je ne crois pas, ajoute Bernard Begaud, qu'il y ait derrière tout ça des problèmes de corruption, plutôt une situation issue de petites erreurs. »


Reste que Dominique Courtois dénonce lui aussi « le train de retard de l'Afssaps qui se réveille toujours quand la goutte d'eau a déjà fait déborder le vase. Le problème, ajoute-t-il, c'est qu'il n'applique pas le principe de précaution. » Et d'avouer que le laboratoire Servier, avec lequel il avait voulu négocier pour ce qui est de l'Isoméride, ne souhaitait le faire que si l'animateur de l'Aavac s'engageait à éviter les procédures et l'oreille de la presse.


La situation du laboratoire Servier, fragilisé par plusieurs dossiers embarrassants dont le Survector, un antidépresseur utilisé par des drogués, a peut-être aussi joué vis-à-vis de l'Afssaps, qui n'a pas souhaité le mettre en difficulté.


Sauf qu'avec quelque 500 morts en trente ans, 3 500 hospitalisations et la prise de Mediator par plus de 43 000 diabétiques, la ligne de défense du laboratoire - négation et contestation des « extrapolations » des autorités sanitaires - risque fort d'être enfoncée.


« Il est temps que les pouvoirs publics donnent un grand coup de balai, assure le Docteur Dominique Courtois. Nous allons de scandales sanitaires en scandales sanitaires. » Il est vrai qu'il parle d'or puisqu'il doit rencontrer Xavier Bertrand, nouveau ministre du Travail et de la Santé, pour évoquer les prothèses mammaires défectueuses dont son association a également accueilli les victimes.

Les patients ayant pris du Mediator (ou son équivalent générique) pendant au moins trois mois au cours des quatre dernières années de commercialisation du produit (2006-2009) doivent consulter leur médecin traitant.

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Source : Sud-Ouest





Pour le Figaro « le Médiator serait responsable de 500 à 1000 décès en France »


A.V.I.M., jeudi 14 octobre 2010

Une étude confidentielle de la C.N.A.M. ( Caisse Nationale de l’Assurance Maladie ) concernant le MEDIATOR des Laboratoires SERVIER, médicament réservé à l’origine aux diabétiques en surcharge pondérale, puis prescrit aux patients désireux de perdre du poids, ferait état de 500 à 1000 décès en lien direct avec la prise de ce médicament.


Le risque de complications graves imputables à ce produit serait de l’ordre de 0 ,5 cas pour 1000.

Le MEDIATOR est accusé d’avoir des effets secondaires particulièrement graves en favorisant la survenue de maladies des valves cardiaques et l’hypertension artérielle pulmonaire. Ces complications surviennent après la prise de MEDIATOR pendant quelques mois.

Cependant, de nombreux patients ont pris ce médicament pendant des années car le MEDIATOR est commercialisé depuis 33 ans et son retrait sur le marché ne date que de novembre 2009. Les chiffres de l’étude de la C.N.A.M. sont comparables à ceux indiqués dans la thèse de doctorat d’état de Docteur en pharmacie soutenue par Flore MICHELET à l’université de Rennes, il y a quelques mois.


Le Docteur Irène FRACHON, pneumologue au C.H.U. de Brest, avait publié un livre, en juin dernier, mettant en évidence les risques du MEDIATOR.


Il semble que la C.N.A.M. interrogée par de nombreux journalistes, conteste avoir précisé, dans son étude, que le nombre de décès suite à la prise de MEDIATOR pouvait atteindre le chiffre de 500 à 1000 morts.


Pour le Docteur D.M. COURTOIS, compte tenu des complications cardiovasculaires incontestables engendrées par ce médicament, il est recommandé à toute personne ayant pris du MEDIATOR de consulter son médecin généraliste et un cardiologue afin de diagnostiquer précocement une éventuelle complication.


Article du Figaro correspondant à l'actualité :

Le Mediator serait responsable de 500 à 1000 décès en France


Le Figaro, jeudi 14 octobre 2010, par Anne Jouan

Une étude de la Cnam a évalué les risques imputables à ce médicament retiré en novembre dernier.

Mediator, le médicament des laboratoires Servier réservé à l'origine aux diabétiques en surcharge pondérale puis prescrit aux patients désireux de perdre du poids serait responsable de 500 à 1000 décès en France. C'est ce qui ressort d'une étude confidentielle de la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam) dont Le Figaro a pu avoir connaissance. Suite à une saisine de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), les médecins de la Cnam ont passé à la loupe le devenir médical des patients ayant pris du Mediator. L'objectif étant d'évaluer le nombre d'hospitalisations et de morts potentiellement liés à ce médicament. Selon d'autres travaux réalisés au Centre hospitalier de Brest, le risque de complications graves liées à ce médicament serait de l'ordre de 0,5 cas pour 1000. Celles-ci surviendraient pour des traitements d'au moins quelques mois.


L'Afssaps a commandé cette étude dans un contexte de judiciarisation, plusieurs malades ayant porté plainte contre la firme Servier (deuxième groupe pharmaceutique français après Sanofi-Aventis) du fait de complications cardiaques consécutives à la prise de Mediator. Par ailleurs l'Agence du médicament a également été critiquée par les plaignants et leurs avocats pour avoir tardé à retirer cette molécule du marché. C'est 33 ans après sa commercialisation et dix ans après la première déclaration de pharmacovigilance en France que le Mediator a été suspendu. Ce produit, un dérivé des amphétamines est chimiquement proche d'un autre produit de Servier, l'Isoméride, retiré lui de la vente en 1997.


Les chiffres de l'étude de la Cnam confirmeraient donc ceux parus dans la thèse de doctorat d'Etat de docteur en pharmacie soutenue par Flore Michelet à l'université de Rennes il y a quelques mois. « La situation est grave, cette histoire va mal se terminer, nous confiait récemment un expert reconnu en pharmacovigilance. Le jour où les chiffres vont sortir, il va y avoir un scandale terrible ».


Le Mediator est accusé d'avoir des effets secondaires particulièrement graves en favorisant les maladies des valves cardiaques et l'hypertension pulmonaire. Dès 1997, le New England Journal of Medicine, l'une des plus prestigieuses revues médicales américaines publiait un article détaillant les effets néfastes du dexfenfluramine sur les valves cardiaques. D'autres publications scientifiques suivront notamment dans Plos One. La toxicité cardiaque de leur métabolite commun est reconnue en 2000.


« J'ai demandé à l'Afssaps, en ma qualité de rapporteur spécial de la Mission Santé pour la Commission des Finances de me fournir l'étude de la Cnam», explique le député Gérard Bapt. Quid des patients qui ont pris du Mediator pendant des années? Le Dr Irène Frachon, pneumologue au CHU de Brest, auteur d'un livre paru en juin (Mediator, sous-titre censuré) estime qu'une surveillance s'impose. « J'ai fait part à l'Afssaps de ma préoccupation. Nous voyons régulièrement à l'hôpital de Brest des malades hospitalisés pour insuffisance cardiaque grave et qui s'avèrent être des victimes «qui s'ignorent» du Mediator, explique-t-elle. Le risque que le traitement médical ou chirurgical soit inadapté ou trop tardif est alors important. Il faudrait que les patients qui ont été significativement exposés au Mediator soient invités à consulter un cardiologue avec réalisation d'une échographie cardiaque. Ce repérage est possible grâce aux données de la Cnam, données qui sont cependant supprimées au bout de 3 ans ».


Quand le Mediator a été retiré du marché en novembre dernier, 300.000 personnes étaient sous traitement en France. Chaque année, sept millions de boîtes étaient vendues dans notre pays.


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Source : Le Figaro





Le laboratoire Servier dans la tourmente judiciaire


Le Figaro, samedi 5 juin 2010, par Anne Jouan

Une patiente attaque le groupe français qu'elle juge responsable de sa maladie cardiaque.

Servier, le deuxième groupe pharmaceutique français après Sanofi-Aventis, connaît une mauvaise passe. Le laboratoire est attaqué en responsabilité devant le tribunal civil par une patiente souffrant d'une lourde pathologie cardiaque. Pendant sept ans, elle avait pris, au rythme de trois par jour, l'un de ses médicaments vedettes, Mediator, pour perdre du poids. Et un livre à charge contre ce même médicament vient de paraître.


Jeudi, le tribunal de Nanterre a donné raison à Françoise qui demandait la nomination d'un expert pour établir le lien de cause à effet entre la prise de ce médicament et son affection. En 2008, la plaignante, âgée d'une cinquantaine d'années, subit une lourde intervention chirurgicale : une opération pour une double valvulopathie aortique et mitrale. [...] De plus, le livre-enquête de la pneumologue Irène Frachon (CHU de Brest), véritable charge contre Mediator (chimiquement proche de l'Isoméride, retiré de la vente en 1997) est disponible en librairie depuis deux jours.


Cet ouvrage, qui fait beaucoup de bruit, rapporte par le menu comment une équipe de médecins de Brest s'est battue pendant des mois pour prouver aux autorités sanitaires françaises les effets délétères que pouvait avoir Mediator, 44e médicament le plus vendu en France en 2007. Réservé à l'origine aux diabétiques en surcharge pondérale puis prescrit aux patients désireux de perdre du poids, il s'agit d'un dérivé des amphétamines. Ses effets secondaires, longtemps méconnus, sont graves : maladie des valves cardiaques et hypertension artérielle pulmonaire. « Quand les cardiologues voyaient une valvulopathie, ils se disaient qu'il pouvait s'agir d'un rhumatisme articulaire », explique Catherine Hill, membre du conseil scientifique de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).


Au terme d'un travail de fourmi et armés de publications dans des revues médicales prestigieuses (New England Journal of Medicine, Plos One), ces médecins, Irène Frachon en tête, vont finalement réussir à convaincre l'Afssaps. Cette dernière attendra le 30 novembre 2009 pour ordonner une suspension de mise sur le marché du médicament incriminé. Soit trente-trois ans après sa commercialisation et dix ans après la première déclaration de pharmacovigilance à l'Afssaps. « L'industrie pharmaceutique est en panne d'innovation. Elle s'accroche aux vieilles molécules, et garde, contre vents et marées, des médicaments comme Mediator », explique le Dr Frachon. Elle estime que les problèmes graves imputables à ce médicament concerneraient 0,5 patient pour 1 000. Quand Mediator a été retiré du marché, 300 000 étaient sous traitement et 2 millions en avaient pris. De son côté, l'avocate de Servier, Me Nathalie Carrère, estime qu'«aucun lien de causalité directe et certain n'a été démontré».


Lundi dernier, Servier a demandé en référé le retrait du sous-titre du livre Combien de morts ?, une procédure rarissime en France. « Je ne vois pas quel préjudice je peux porter sur un médicament qui n'est plus en vente», s'étonne le patron de la petite maison d'édition brestoise, Charles Kermarec, qui estime que changer la couverture reviendrait à «mettre le livre au pilon ». Le jugement a été mis en délibéré au 7 juin. Mais l'avocat de l'éditeur, Me François Honnorat, se doute que Servier attaquera ensuite sur le fond du livre.


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Source : Le Figaro





Comment un médecin anonyme fait interdire un médicament dangereux


Le Parisien, jeudi 3 juin 2010

Irène Frachon, pneumologue de Brest, a lutté pendant deux ans pour faire interdire le Mediator. Un récit qui fait froid dans le dos ...


C'est grâce au travail méthodique d'une femme médecin de Brest qu'un médicament dangereux a été retiré du marché, le 25 novembre dernier. Le docteur Irène Frachon publie aujourd'hui « Mediator, combien de morts ? », l'histoire de son combat contre cet antidiabétique, utilisé en fait pour maigrir. Vendu à 2 millions de patients depuis 1976, il a, selon elle, provoqué au moins cinq décès et des centaines d'effets indésirables cardiaques graves. Le laboratoire Servier, son fabricant a retiré son médicament du monde entier, mais conteste la dangerosité de son produit, et a engagé une procédure judiciaire pour que l'appellation « Combien de morts ? » disparaisse de la couverture du livre.


Le Parisien : Pourquoi avez-vous enquêté sur ce médicament ?


Dr IRÈNE FRACHON : Rien ne me prédisposait à cela. Je suis un simple médecin hospitalier pneumologue au CHU de Brest âgée de 47 ans. En février 2007, j'ai pris en charge une première patiente qui était atteinte d'hypertension artérielle pulmonaire et qui prenait du médicament Mediator. Cela m'a mis la puce à l'oreille car la revue spécialisée « Prescrire » avait écrit un papier en 2006 sur les dangers supposés de ce médicament qu'elle comparait au coupe-faim Isoméride, produit par le même laboratoire, Servier. J'étais sensibilisée au problème car j'ai commencé ma carrière comme interne à l'hôpital Antoine-Béclère, dans l'équipe qui avait dénoncé les dangers de l'Isoméride. Cela a aiguisé ma curiosité, et j'ai décidé d'en savoir plus sur ce mystérieux médicament Mediator, en me demandant si ce n'était pas un cousin de coupe-faim tristement célèbre.

L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé nous a enfin pris au sérieux en février 2009.

Le Parisien : Comment avez-vous procédé ?


Dr IRÈNE FRACHON : Ce fut un vrai polar sanitaire. Si je ne m'étais pas battue avec acharnement sur ce dossier, ce médicament dangereux serait toujours en circulation. Avec des collègues cardiologues, on a ouvert des dizaines de dossiers médicaux de patients qui avaient eu des valvulopathies (NDLR: atteinte des valves du coeur) et on a découvert qu'ils avaient en commun de prendre du Mediator. Le laboratoire Servier a été alerté, mais ils nous ont juré que cela n'avait rien à voir avec leur médicament J'ai transmis notre rapport d'alerte en février 2008 à l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Affsaps), qui l'a stocké dans un coin. Cela m'a énervée ! On a poursuivi notre enquête, grâce à des données communiquées confidentiellement par l'assurance maladie. On a ainsi pu prouver que le Mediator avait fait cinq morts et provoqué des complications graves chez plusieurs centaines de personnes. On a transmis toutes ces informations à l'Afssaps en février 2009, qui nous a enfin pris au sérieux et a fini par l'interdire en novembre.


Tags: mediator, benfluorex, pneumologue, antidiabétique, décès, effet indésirable, coupe-faim, hypertension artérielle pulmonaire, médicament


Source : Le Parisien





Interdiction de commercialisation du MEDIATOR décidée par l'AFSSAPS


A.V.I.M., lundi 30 novembre 2009

Pour le Docteur Dominique Michel COURTOIS,

Docteur Courtois « Avec le MEDIATOR, vieux médicament de 33 ans, réputé permettre une perte de poids, nous nous trouvons dans la même situation que celle que nous avons déjà connue pour l'ISOMERIDE, autre médicament coupe-faim, des mêmes Laboratoires SERVIER.

Depuis plusieurs mois, nous avons été contactés par des patients présentant des atteintes de valves aortiques ou mitrales ou de l'hypertension artérielle pulmonaire, qui avaient pris du MEDIATOR.

Fort de notre expérience avec l'ISOMERIDE ( chimiquement proche du MEDIATOR et retiré du marché en 1997 ), il nous a paru opportun de mettre notre association à la disposition de ces victimes afin qu'elles obtiennent une juste indemnisation de tous leurs préjudices.

Malheureusement, en l'absence de toute négociation possible avec les Laboratoires SERVIER, seule la voie de la procédure devant le Tribunal de Grande Instance, permettra d'obtenir gain de cause.

La marche à suivre est totalement identique à celle des victimes de l'ISOMERIDE.

C'est pour cela que, dans les prochains jours, nos avocats vont demander la désignation d'experts médicaux judiciaires auprès du T.G.I. de Nanterre pour plusieurs de nos adhérents, victimes du MEDIATOR. »


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GRANDE NOUVELLE POUR L'INDEMNISATION DES VICTIMES DE L'ISOMERIDE :

La Cour de Cassation vient d'annuler un jugement de la Cour d'Appel de VERSAILLES qui était en faveur des Laboratoires SERVIER.


A.V.I.M., lundi 07 septembre 2009

Par un arrêt, rendu le 9 juillet 2009, la Première Chambre Civile de la Cour de Cassation vient de casser et d'annuler l'arrêt rendu le 15 novembre 2007, par la Cour d'Appel de Versailles.

De façon systématique, pour refuser toute condamnation du Laboratoire SERVIER, la Cour d'Appel de Versailles, invoquait la Directive de la Communauté Economique Européenne N°85/374 du 25 juillet 1985 et concluait « qu'il y avait lieu d'exonérer le Laboratoire SERVIER de sa responsabilité, les conditions de sa responsabilité du fait des produits défectueux n'étant pas réunis au sens de cette directive ».

Cette Directive stipule que l'on ne peut pas être condamné si « au moment de la mise en vente du produit litigieux, l'état des connaissances scientifiques et techniques au moment de la mise en circulation, ne permettaient pas de déceler la défectuosité du produit ».

Cette Directive invoque « le risque de développement ».

La Cour de Cassation, a, heureusement, fait une lecture toute différente de cette Directive et de ses conditions d'applications et a cassé l'arrêt de la Cour d'Appel, au motif « qu'ayant constaté que l'affection ( hypertension artérielle pulmonaire ) dont a souffert Madame X était en relation directe et certaine avec l'administration de l'Isoméride ( suite aux conclusions d' une expertise médicale judiciaire ), il résultait que le Laboratoire SERVIER avait manqué à son obligation de fournir un produit exempt de tout défaut de nature à créer un danger pour les personnes et les biens, c'est-à-dire un produit offrant la sécurité à laquelle on pouvait légitimement s'attendre ».

Plus simplement, le Laboratoire SERVIER devait mettre sur le marché français, un produit, l'Isoméride, exempt de tout défaut pouvant engendrer un danger pour les consommateurs.


Dans de nombreuses expertises médicales judiciaires, nous avions obtenu la mise en évidence d'un lien entre la prise d'Isoméride et des affections graves, en particulier l'hypertension artérielle pulmonaire et les atteintes cardio vasculaires.

Mais, nous rencontrions des difficultés auprès de la Cour d'Appel de VERSAILLES ( intervenant en raison de la localisation géographique du Laboratoire SERVIER ) qui invoquait, systématiquement, la Directive Européenne de 1985, pour refuser toute condamnation du laboratoire.

Pour le Docteur Dominique Michel COURTOIS, Président de l'A.V.I., il s'agit d'une grande nouvelle et cet arrêt de la Cour de Cassation devrait faire jurisprudence et faciliter l'indemnisation aux victimes de l'Isoméride.


Tags: isomeride, servier, cnam, cour de cassation, hypertension artérielle pulmonaire, jurisprudence






UNE GRANDE VICTOIRE POUR LES VICTIMES D'ERREURS MEDICALES : LA RECONNAISSANCE DE LA NOTION DE PERTE DE CHANCE DE SURVIE


A.V.I.M., lundi 09 mars 2009

En effet, la Cour de Cassation, dans un arrêt rendu le 13 mars 2007, a reconnu qu'une jeune victime d'erreur médicale décédée à la suite d'une erreur de diagnostic devait être indemnisée au titre de « la perte de chance de n'avoir pas vécu plus longtemps ».

En première instance, le Tribunal de Grande Instance de Bordeaux, avait alloué une somme de 110 000 € aux parents de la victime, en reconnaissant ainsi « la perte de chance de survie » de leur fille.

La Cour de Cassation s'était appuyée sur les articles 1147 et 731 du Code Civil pour décider que « toute personne victime d'un dommage, quel qu'en soit la nature, a droit d'en obtenir l'indemnisation par celui qui l'a causé et, que le droit à réparation du dommage résultant de la souffrance morale éprouvée par la victime avant son décès, en raison d'une perte de chance de survie, étant né dans son patrimoine, se transmet à son décès à ses héritiers ».


Tags: perte de chance de survie, cour de cassation, code civil, jurisprudence






« LE GUIDE SANTE : Vous et votre médecin ... »
    LE GUIDE STOP AUX ARNAQUES "Spécial Santé"


A.V.I.M., jeudi 01 mars 2007

« Plus de 450 millions d'actes médicaux, c'est à dire des consultations et des visites, des examens et des interventions chirurgicales, sont réalisés chaque année, par des hommes et des femmes qui se battent pour sauver la vie.

Mais la médecine a subi une mutation profonde au cours de ces dernières années avec l'apparition de la Carte Vitale, des médicaments génériques, des honoraires conventionnés ou non conventionnés, du nouveau parcours de soins ...

QUE CE SOIT À LA TÉLÉVISION OU À LA RADIO, VOS PROBLÈMES DE SANTÉ SONT LES PLUS IMPORTANTS À RÉGLER CAR COMME ON DIT : QUAND LA SANTÉ VA, TOUT VA !


Tags: stop aux arnaques, guide santé, julien courbet






Encore un adhérent de l'A.V.I. indemnisé suite à la prise d'Isoméride


Le Tribunal de Grande Instance de NANTERRE vient de reconnaître que « l'absorption d'Isoméride par Madame G.. est la cause directe et certaine de l'Hypertension Artérielle Aigue Primitive dont elle a été affectée et des soins corrélatifs qu'elle a subis ».

Cette victime avait pris de l'Isoméride pendant 5 mois en 1998 et pendant 15 jours en 1993 et devait décéder le 31 octobre 1995 d'une décompensation cardiaque droite secondaire à son HTAP.

À l'issue de l'audience publique, le T.G.I. de NANTERRE a décidé le 02 juin 2006 « qu'il appartient aux Laboratoires SERVIER d'indemniser Madame G.. et ses ayants droits de toutes les conséquences préjudiciables subies en lien direct avec cette maladie et le décès qui en est résulté ».


C'est ainsi que le T.G.I. de NANTERRE a alloué :

  • pour le préjudice personnel de son mari la somme de 25 000 €


  • pour le préjudice personnel de sa fille la somme de 15 000 €


  • pour les préjudices de la victime avant son décès :


    • - pour la gêne dans la vie courante la somme de 12 500 €
    • - pour les souffrances endurées la somme de 35 000 €
    • - pour la perte de chance de survie la somme de 40 000 €


De plus, le T.G.I. de NANTERRE condamne les Laboratoires SERVIER au paiement :

  • de la somme de 3000 € par application de l'article 700 du Nouveau Code de Procédure Civile


  • des dépens ainsi que des frais de l'expertise médicale.



Enfin, Le T.G.I. de NANTERRE ordonne l'exécution provisoire du jugement.

Les Laboratoires SERVIER sont donc condamnés à verser plus de 130 000 € avec en plus le remboursement des frais de justice et d'expertise médicale.

Le Conseil d'Administration de l'A.V.I. prend acte de ce jugement du T.G.I. de NANTERRE qui représente une nouvelle victoire des victimes de l'Isoméride dans leur action à l'encontre des Laboratoires SERVIER.


D'autres jugements sont actuellement en attente par de nombreux adhérents de notre Association et devraient confirmer la mise en cause de l'Isoméride dans la survenue de l'HTAP et des affections cardio vasculaires et condamner les Laboratoires SERVIER à indemniser les victimes.

Tags: isomeride, tribunal de grande instance, servier, hypertension artérielle pulmonaire






« L'Isoméride ® toujours dangereux »


Le Parisien, jeudi 9 mars 2006

Le Parisien consacre une page à « une publication scientifique qui va faire du bruit ».

Le journal indique en effet que selon une étude française coordonnée par le Pr Gérald Simonneau, à paraître dans The American Review of Pneumology, « 9 ans après son interdiction mondiale, le coupe-faim, prescrit à des centaines de milliers de femmes, continue de provoquer des effets secondaires graves »
Un autre des auteurs précise « On a découvert que ses effets secondaires graves duraient plus longtemps que prévu ».

Le quotidien rappelle que l'« on savait [...] que la prise de ce coupe-faim augmentait fortement le risque de développer [une] hypertension artérielle pulmonaire ».
Mais « la maladie peut se déclarer même plus de 10 ans après la prise du produit », indique Le Parisien.

Le quotidien note en effet que « l'étude montre que 43,5 % des malades ont été touchées plus de 5 ans après avoir pris le traitement, et seulement 24,2 % moins de 2 ans après ».

Le Parisien remarque par ailleurs que « 21 personnes ont contracté la maladie après 2000 » en France.

Le journal note que « cette alerte doit attirer l'attention des femmes qui souffriraient de problèmes respiratoires, même longtemps après avoir arrêté l'Isoméride ®, afin qu'elles aillent consulter, sans s'affoler, mais sans délai ».
Le Parisien précise que « le contexte est dramatique car la pathologie est souvent de très mauvais pronostic. Selon les données communiquées par l'équipe médicale, plus de 40 décès ont été enregistrés en France […] et d'autres ont dû subir une greffe de poumons ».

A ce jour, plusieurs de nos adhérents ont engagé des procédures contre les Laboratoires SERVIER auprès du Tribunal de Grande Instance de NANTERRE, suite à des décès par hypertension artérielle pulmonaire aiguë primitive ou à des complications cardiaques graves.

Des experts judiciaires viennent d'être désignés dernièrement par le T.G.I. de NANTERRE pour déterminer les relations entre la prise d'ISOMERIDE et les complications de santé présentées par ces victimes.


Plusieurs dizaines d'autres plaintes devraient être déposées prochainement devant ce même tribunal.


Source : Le Parisien


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